‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 212 sur 225 · Matliieu, XII, 9-12; xv · texte numérisé non relu

Matliieu, XII, 9-12; xv

matisme moral. Mais dans les conditions religieuses des juifs, cette réglementation minutieuse de la vie spirituelle était inévitable. Elle se produit, par la marche même des choses, dans toute religion de tradition écrite. Soit que le commandement écrit, supérieur à l’état des esprits, demande une explication détaillée pour être bien compris et pour pouvoir être pratiqué, soit qu’il arrive un" moment où son application littérale ne soit plus en rapport avec de nouvelles manières de sentir et de penser, il n’est pas de tradition religieuse écrite qui n’ait donné naissance à une tradition orale, et toujours cette tradition orale a prétendu à la domination et à la direction des consciences, qu’elle a soumises à un véritable automatisme moral.

Ce fait éclate surtout dans- l’histoire des peu[)les, dont la révélation écrite est à la fois, comme le mosaïsme, une religion et une législation. (7esl ainsi que les Parses nous présentent un spectacle entièrement analogue à celui que nous venons de voir au milieu des enfants d’Israël. Le Sadder est empreint du même esprit que le Talmud. C’est, dans l’un cl dans l’autre, une égaie réglementation de la vie tout entière. La révélation chrétienne,

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qui avait déclaré cependant, à l’ori^dne, que son règne n’était pas de ce monde, et qui se produisit d’abord comme une protestation de la conscience contre les abus et les erreurs de la réglementation morale, n’a pas échappé elle-même à cette conséquence qui semble inévitable. 11 ne serait pas difficile de montrer que, par suite d’un concours analogue de circonstances, les commandements de l’Église ont fini par prendre le pas sur les commandements de Dieu, et que la conscience s’est trouvée, en définitive, soumise à une direction arrêtée, non pas seulement dans les principes généraux, mais encore dans les détails les plus insignifiants.

Quand la morale est absorbée par la jurisprudence, l’acte accompli devient un point essentiel, et l’intention est reléguée au second plan, si toutefois il en est tenu compte. C’est dans ce sens que se dirigea nécessairement le travail de réglementation des consciences qui s’accomplit depuis Ésdras et Nébémie jusqu’à la conclusion du Talmud. Ce n’est pas sans doute qu’on eût conscience du résultat vers lequel on allait ; mais la logique a scs lois, et, une fois qu’on a adopté un principe, (|u’on

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en ail mesuré ou non la portée, peu importe, on est entraîné par la marche même des choses jusqu’à ses dernières conséquences, ce qui s’est fait demandant toujours un pas de plus en avant. Il , faut reconnaîlre, il est vrai, que le motif moral ne disparut jamais entièrement de renseignement des écoles palestiniennes. Comment aurait-il pu en être autrement, quand le fond primitif, nous voulons parler du mosaïsme, était empreint d’un caractère moral si incontestable? Les apocryphes palestiniens recommandent à plusieurs reprises la pratique de la loi par respect pour Dieu qui l’a donnée *• Mais on voudrait en vain se faire illusion, V opus ‘ opcratum tendit de plus en plus à •devenir la chose essentielle. Celte tendance se manifeste clairement dans les écrits palestiniens antérieurs à l’ère chrétienne. Le fait de l’observation du régime diététique y est présenté comme constituant par lui-méme un mérite moral On

y regarde l’aumorie comme capable de couvrir une multitude de péchés La valeur des œuvres

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