‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 213 sur 225 · Tobil, xii, 9; xiv · texte numérisé non relu

Tobil, xii, 9; xiv

est toute-puissante pour les pharisiens, contemporains de ravénement du christianisme. C’est sur ce point que portent le plus ordinairement les reproches que Jésus-Christ leur adresse C Cette erreur était si profondément enracinée dans la nation Juive de cette époque, qu’elle passa tout d’une pièce avec les Juifs qui se déclarèrent pour la nouvelle forme religieuse, dans le christianisme, qui en est cependant la négation la plus absolue, et l’on sait que saint Paul usa sa vie à la combattre

Ajoutons enfin que c’est à cette idée de la valeur absolue de l’accomplissement de la Loi, que se rattache le particularisme qui caractérise si fortement les Juifs palestiniens de cette époque. La ligne (le démarcation que Moïse avait tracée entre les enfants d’Israël et les autres nations est maintenant bien autrement prononcée. Ce n’est pas seulement comme appartenant à la famille d’ Abraham que les Juifs croient avoir des droits particu-

1. Matthieu, IX, 9-13; xv, 1-9, 11-20; xxiii, 23-28. ^farc. 11 , 18, 23-28. Luc, xi, 37-42.

2. Homniiis, ii, 25-29; ui, 19 el suiv. ; iv, 2 el suiv.. Gala- 11 , 15 cl suiv.; iii, 2 cl suiv.

liers aux faveurs et aux bénédictions de rÉternel ; c’est encore par l’observation de leurs traditions qu’ils se regardent comme élevés au-dessus du reste des hommes, qui, tous ensemble et sans distinction, ne sont que des pécheurs ^ Nous l’avons déjà fait observer, la haie qu’on éleva autour de la Loi fut en même temps une haie entre les enfants d’Israël et les autres peuples. Cette idée d’une supériorité mcontestable du Juif sur le païen, par le fait de sa naissance et par celui de la pratique de la Loi telle qu’elle était alors entendue, passa également du judaïsme dans le christianisme avec ceux des Israélites qui embrassèrent la foi nouvelle. P^lle inspira pendant longtemps aux chrétiens sortis du judaïsme palestinien une certaine antipathie pour les chrétiens nés dans le paganisme, et l’on vn;:lut d’abord que les étrangers, en entrant dans 1e sein de l’Église, s’affiliassent du moins à la hunille de Jacob par l’observation des pratiques imposées aux prosélytes. La vivacité du débat qui s’éleva sur ce sujet et qui émut si profondément les temps apostoliques, peut nous

1 . Le mol n éld consoné par saiul PanI {(jolalcs, ii, 15;, qui se son ici du langage reçu parmi les Juifs.

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donner une idée de la profondeur du préjugé qui séparait les Juifs de toutes les autres nations.

Cette tendance juridique, qui n’allait à rien moins qu’à substituer la légalité à la moralité, el , qu’à remplacer le sentiment et l’intention par le' fait accompli, paraît cependant avoir rencontré, même dans les écoles palestiniennes, une constante opposition. Nous savons du nioins qu’il y eut dans la Judée, à côté de la tradition ([ui triompha et qui a été recueillie dans le Talmud, une tradition contraire, dont on’ s’efforça plus tard, dans la première moitié du siècle de l’ère chrétienne, de faire disparaître les traces. C’est surtout contre le livre de Jésus, fils de Sirac, et contre quelques autres ouvrages postérieurs, trop vaguement désignés pour qu’on puisse aujourd’hui les reconnaître, ainsi que contre les écoles de Gamaliel l’Ancien et de José le Galiléeii, que ces mesures furent prises. Akiba fut un de ceux qui se prononcèrent le plus vivement contre cette tradition dissidente C

1. Geiger, Ursçhrift und Ubersetzungen der Bibel, p. io el suiv., 173 el 201.

Nous avons déjà eu occasion de faire ol)server • que rEcclésiastique s'écarte en plusieurs points des idées reçues en Israël ; ajoutons ici qu’il s’élève de ce livre un parfum de spiritualisme qui, malgré quelques détails d’une prudence vulgaire, lui donne un caractère particulier de distinction, au milieu des apocryphes palestiniens. La sagesse, qui est à la fois la connaissance de Dieu et celle du bien moral, y occupe une plus grande place que la Loi, et la {)rière S l’humilité -, la patience ‘b l’espérance S la confiance en Dieu en un mot toutes les pieuses dispositions du cœur y sont mises au-dessus de la pratique des prescriptions (.•érémonielles. Le véritable sacrifice de prospérité, c’est l’observation des commandements de «

Dieu ; éviter l’injustice, c’est offrir un sacrifu^e d’expiation, et le meilleur moyen de plaire à Dieu, c’est de fuir le mal

A ce {)oint de vue, le particularisme juif perd % •

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