‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 26 sur 225 · Néhémie, ix el x · texte numérisé non relu

Néhémie, ix el x

DES DOCTKINES RELIT, IKUSES DES JUIFS 3T

Ces mesures turent d^aulanl plus efficaces que

leur action était renfermée dans un cercle très-

restreint. Les quelques milliers d’Israélites qui étaient venus repeupler les solitudes de la Judée ne formaient qu’une grande famille, et les oppositions, les inimitiés, les intrigues des peuplades environnantes les forcèrent h serrer leurs rangs. L*union était leur unique chance de saint. Cette circonstance servit merveilleusement les plans de Néhémie et d’Esdras. Les colons sentirent la nécessité de soutenir fortement leurs institutions nationales. Il sufiit de deux ou trois générations pour que l’habitude les rendit inébranlables. Le milieu, une fois formé, absorba les diverses colonies qui amvèrent successivement de l’intérieur de l’empire, et, d’un autre côté, tout ce qui avait appartenu au royaume de Juda finit par se rallier peu à peu au noyau dont Jérusalem était le centre, et se conforma naturellement à l’ordre qui y était ' établi I.

Ce n’était pas assez cependant d’attacher les

» — . « I. Reüss, Histoire de Iti théoloyie chrétienne au siècte apos~

toliqve, t. p. tÿi. ^ ‘ .

Juifs à la Loi par la force de l’habitude ; il fallait les identifier, pour ainsi dire, avec elle, et la faire entrer si profondément dans toute leur vie, qu’ils ne pussent un seul moment se dégager de ses liens. Deux choses étaient pour cela nécessaires : d’abord une éducation religieuse continuelle qui rappelât sans cesse aux enfants d’Israël les prescriptions mosaïques, ensuite une application constante de ces prescriptions à tous les actes de leur existence. On ne peut pas douter qu’Esdras n’ait senti la nécessité de modeler la vie tout entière de l’Israélite sur la Loi. C’est bien ce principe qui le guidait, quand il brisait les mariages mixtes et qu’il chassait sans pitié du sein de la communauté tous ceux qui auraient pu en troubler l’harmonie. Mais il ne prévoyait pas certainement le système de réglementation morale qui finit par enlacer d’un réseau de prescriptions minutieuses la vie de l’individu tout entière, qui ne laissa plus au Juif aucun acte de la plus haute ou de la plus minime iiliporlance, sans le revêtir d’une forme légale, et qui soumit tous ses mouvements, depuis son premier soupir jusqu’à son dernier, depuis son lever jusqu’à son coucher, à Tempire d’une

règle qui n’a d’autre valeur et d’autre sens religieux quelle caractère légal dont elle est revêtue ^ Et cependant ce triomphe du formalisme fut la conséquence de la réforme qu’il opéra. Comme nous le verrons plus loin, la voie dans laquelle il fit entrer le judaïsme devait nécessairement conduire à ce résultat.

Quant à la nécessité de familiariser le peuple avec la connaissance de la Loi par une éducation religieuse continue, ce que nous savons des travaux d’Esdras nous prouve qu’il en avait une claire conscience. L’auteur du Deutéronome avait déjà fait un devoir aux enfants d’Israël de graver dans leur mémoire les commandements de Dieu Esdras et Néhémie comprirent la portée de cette recommandation. Par leurs soins, la Loi fut lue solennellement, à plusieurs reprises, devant le peuple assenablé dans ce but Établirent - ils

4. Pliilippson, le Développemient de l’idée religieuse datis le judaïsme, le christianisme et l'islamisme, Iraduc. franc., p. 276 et 277.

2. Deutér., vi, 6ct7; xi, 18-20; xvn, 18; xxvii, S; wxi, 9-23; Josue\ viii, 32-35.

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