Néhémie, vin, 1-8; xiii
eux - mêmes quelque règlement pour que celle lecture continuât de se faire régulièrement les sabbats el les jours de fêtes? On peut en douter. 11 est plus probable que l’exemple qu’ils avaient donné devint, par un consentemeiU tacite, une habitude que rien ii’a pu détruire depuis. Peu importe d’ailleurs pour le résultat. L’origine des synagogues, et, par conséquent aussi, la coutume de lire le Pentaleuque dans des réunions d’édification et d’instruction religieuse, remontent fort haut, probablement même à l’époque d’Esdras *.
On comprend quelles furent les conséquences de ces lectures répétées. Les faits les plus saillants de leurs traditions nationales et les prescriptions religieuses et cérémonielles qui devaient leur servir de guide, se gravèrent dans la mémoire des Juifs en traits ineffaçables. Et comme dans tous les lieux où quelques familles Israélites étaient fixées, on se hâtait d’établir un lieu de réunion pour la prière et la lecture de la Loi, il n’y eut plus bientôt un seul descendant de Jacob qui ne fût familiarisé avec rhisloirc et la légi^-
i.MünVflaPalestine, p.o34eto2ô ;Üe\],Iiibt.Airh., t.
DEvS DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS 31
lalion de sa nation. Cetto institution contribua, plus que toutes les autres mesures prises par les chefs de la restauration d’Israèl à Jérusalem, à faire des Juifs un peuple nouveau et à le river à ses traditions nationales. On peut dire qu’à partir de ce moment les Israélites devinrent les hommes d’un livre.
Par un concours de circonstances que je n’ai
pas à exposer ici, mais qui sont assez connues, la
langue dans laquelle le Pentaleuque et les livres
des prophètes étaient écrits, lit place, bientôt après le rétablissement des Juifs à Jérusalem, à l’Araméen qui, au temps d’Ésaïe ‘ , était encore tout à fait inintelligible aux habitants de la Judée. Pour que la Loi, que l’on continua cependant à lire dans sa langue originale, par respect pour le texte vénéré, pût être comprise de la foule, il fut nécessaire qu’un traducteur interprétât phrase par phrase, ou paragraphe par paragraphe, dans Tidiomé populaire, les passages dont on faisait la^ lecture dans les assemblées. Il c^ probable que l’interprète ne s’en tenait pas toujoiii s à une tra-