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duclion rigoureusement littérale. Il ne Taurait pu pour certains passages, sans cesser d’être intelligible. 11 s’agissait avant tout de faire comprendre au peuple le sens de la Loi, et l’on dut être forcé parfois d’ajouter au texte une courte explication. Dans ces cas, la traduction prenait nécessairement les allures de la paraphrase.
Les Targums que nous possédons, du moins les plus anciens d’entre eux, celui d’Onkelos sur le Pentateuque et celui de Jonathan sur les Prophètes, peuvent nous donner une idée de ce qu’étaient en général les traductions araméennes qui, dès l’origine, se faisaient de vive voix dans les synagogues de la Palestine. Quoique ces deux Targums ne remontent peut-être qu’au siècle qui vit naître le christianisme, on ne saurait douter qu’ils n’aient été faits à l’imitation d’ouvrages semblables plus anciens ; peut-être même sont-ils composés en grande partie de fragments empruntés à diverses traductions antérieures. U est certain qu’il existait des versions araméennes sous les Hasmonéens * ; il est probable qu’on en avait
1. Zimz, Die gottesdienstl. Vortraege der Judcn, p. 61 et 62 Geiger, Urschrift. p. 462.
longtemps auparavant. On est conduit à le croire, quand on considère que les centres de population un peu considérables pouvaient seuls posséder des hommes capables de traduire spontanément dans la langue vulgaire le texte hébreu, et que les synagogues des localités moins bien partagées durent demander de bonne heure des traductions écrites pour suppléer aux interprètes qui leur manquaient.’ Quoi qu’il en soit, les Targums qui sont parvenus jusqu’à nous, sont moins des traductions littérales que des paraphrases, et on ne comprendrait pas pourquoi leurs auteurs auraient adopté un mode d’interprétation que la force des choses avait dû d’ailleurs rendre nécessaire depuis longtemps, s’ils ne l’avaient trouvé établi avant eux.
Que la traduction en langue vulgaire des passages des livres saints lus dans les assemblées publiques prît, ou non, la forme de la paraphrase, elle demandait une certaine préparation de ceux qui en étaient chargés. Il résulta de là que la Loi . devint l’ohjet d’une étude suivie. D’autres circonstances firent de cette étude une obligation bien autrement pressante.
La Loi n’était pas seulement lue et traduite en
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araméeii dans les synagogues, elle y était aussi expliquée. Le passage qu’on venait de faire entendre à rassemblée servait de texte à une prédication. Cet usage remonte au temps ^d’Esdras *. Il s’est toujours maintenu parmi les Juifs. Il n’est pas probable que dans les synagogues la parole fût accordée indistinctement a tout le monde. Elle était réservée, sans nul doute, à des hommes connus pour avoir fait des livres saints une étude suivie. Si Jésus-Christ est invité, dans une circonstance, à lire et à développer un passage des Écritures c’est que la loi publique le proclamait un docteur éminent 3. El si. Paul, Pierre, et sans doute aussi les autres apôtres, prêchent dans les synagogues c’est qu’ils étaient considérés comme des maîtres en Israël. Paul, en particulier, élève de Gamaliel , pouvait revendiquer tous les droits attachés à ce titre. Quoi qu’il en soit, cet usage suppose que ceux qui se levaient dans les assemblées publiques, pour expliquer rÉcrilure