Esdras, iv, 8 et
directions salutaires. Les premiers moments qui suivirent l’arrivée des déportés dans la Babylonic durent être troublés par une confusion extrême. Le vainqueur restant tout à fait étranger aux arrangements intérieurs, et tous les liens de l’organisation sociale étant rompus, le désordre devait être au comble. Les secrétaires furent probablement les seuls hommes capables de pourvoir aux besoins du moment et d’être à la fois, parmi les populations déportées, des arbitres, des conciliateurs, des conseillers et des juges. Et comme la seule chose qui restait au milieu des débris d’Israël était la tradition nationale, c’est en elle qu’ils cherchèrent des remèdes aux calamités présentes. D’agents administratifs, ils furent changés par les circonstances en jurisconsultes et en théologiens, les coutumes légales et les coutumes religieuses étant inséparablement unies dans les traditions de la famille de Jacob. Les scribes devinrent ainsi le premier noyau de cette classe de savants qui joua plus tard un rôle si considérable dans l’histoire des Juifs. Ce changement s’opéra dans la Babylonie, probablement dès les premiers moments de la déportation. Ce qui est
certain, c’est qu’Esdras vint avec ce titre à Jérusalem. Cette désignation ne lui était pas particulière *; elle appartenait à tous ceux qui, comme lui, enseignaient et expliquaient au peuple les préceptes de la Loi*.- . .
Il y eut donc de très-bonne heure en Israël des hommes qui firent leur principale occupation de l’étude des traditions nationales., Quelle fut leur position au milieu des Juifs babyloniens, dans les lieux mêmes où prit naissance la science israélite? aucun document de cet âge ne nous l’apprend. Mais il est vraisemblable qu’elle ne fut pas fort différente de celle que les docteurs de la Loi se firent dans la Palestine.
Comme les anciens prophètes qui formaient des disciples à leur ministère, les docteurs de la Ixn ouvrirent des écoles. Il est difficile de délerminer le moment où elles furent fondées. Mais elles furent certainement antérieures à. l’époque des Maccabées. Il est question, dans le livre des
1. Le livre de Néltémie^ xiii, 13, fait mention d’un autre scribe appelé Tsadoc. Los lxx traduisent Sopher, par
Teuç.