Ewald, Gesch. des Volkes Israël, t. iv, p
cupation était d’étendre de plus en plus les prescriptions mosaïques à des cas nouveaux, étoufîant ainsi, sans s’en douter, squs une réglementation morale de plus en plus détaillée , la spontanéité de la conscience, à laquelle la philosophie grecque cherchait au contraire à donner le plus libre développement. Ces deux courants n’auraient pu se rencontrer sans produire, du moins au premier moment, une agitation extraordinaire dans les esprits. fee 111® siècle avant l’ère chrétienne n’offre aucun spectacle de ce genre. Il n’est question à cette époque que de ce qui occupa toujours les docteurs d’Isràël, c’est-à-dire de l’interprétation de la Loi et du soin d’en adapter les antiques prescriptions aux conditions de la vie nouvelle. On ne travaille alors, pour nous servir de l’expression consacrée, qu’à élever une haie autour de la Loi, et on ne poursuit ce travail que parles procédés arbitraires d’une interprétation dénuée de critique et d’esprit philosophique.
Prétendrait-on que ces traces de l’action de la philosophie grecque ont été recouvertes par les subtilités des rabbins postérieurs, et qu’elles ont disparu sous les discussions de casuistique, dont
la réunion forma plus lard la Mischna? Aucun fait n'autorise cette supposition. Aussirloin qu’on peut remonter dans Thistoire de la science juive dans la Palestine, on la voit engagée dans la môme voie et animée du môme esprit. Les principes que la tradition attribue aux membres de la grande synagogue, ceux qu’elle met dans la bouche de Simon le Juste I, sont en parfaite harmonie avec ceux que suivirent les docteurs des âges suivants.
Il est cependant un précepte d’un ancien docteur d’Israël qui semble faire exception à la règle commune, et qui est empreint d’un spiritualisme qui, sans être absolument étranger à la science juive, telle que nous la montre la Mischna, ne lui est pas toutefois ordinaire. Nous voulons parler de cette déclaration d’Antigone de Soccho, disciple de Simon le Juste : a Ne soyez pas comme des serviteurs qui travaillent pour leur maître, dans la •vue d’une i-écoinpense ; mais soyez comme des serviteurs qui servent leur maître gratuitement » Cette maxime , qui a passé dans le christianisme, presque sous la même forme, ne nous arrêterait