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pas cependant, si elle ne se rattachait à une circonstance dtrange. Son auteur est le seul des anciens docteurs palestiniens qui soit connu sous un nom grec. Antigone n’est pas certainement son nom primitif, qui devait être hébreu. Mais qu’il l’ait adopté lui-même, comme un signe public de son admiration pour les Grecs, ou qu’il lui ait été donné par la tradition comme une marque de son attachement à la culture grecque, il y a dans le fait de ce changement de nom un indice qu’Antigone avait subi une influence étrangère \
Ce fait isolé suffit-il pour établir que la philosophie grecque a exercé une influence réelle sur la théologie juive? Il nous paraît difficile de le croire. Qu’il se soit trouvé un docteur d’Israël qui ait connu, qui ait admiré la culture intellectuelle des Grecs, qui ait même conçu le dessein de l’introduire parmi ses coreligionnaires, on ne saurait en être surpris. On serait, au contraire, en droit de s’étonner que, dans le long espace de temps pendant lequel les Juifs palestiniens eurent des
4. On sait que plus tard plusieurs Juifs, pour faire la cour aux Séleucides, helMnisôront leurs noms ou adoptèrent un nom grec. Nous aurons occasion de revenir bientôt sur ce fait.
rapports avec les Grecs, il n’y eût eu qu’un seul docteur entraîné par le charme si attrayant de la philosophie de la Grèce, malgré l’abîme qui séparait les tendances des deux peuples et les sentiments de haine que les événements inspirèrent aux Juifs pour la nation grecque.
Par sa position géographique, la Judée se trouva le champ de bataille sur lequel les rois d’Égypte et ceux de Syrie vidèrent trop souvent leurs différends. Également ruinés par les armées ennemies, les Juifs étaient le prix de la victoire,. sans retirer aucun avantage réel de leur changement de maître.. Les deux puissances, toutes les deux grecques, ne devaient-elles pas leur être également odieuses? La domination grecque leur fut bien autrement pesante que la domination persane. Les Ptolémées, il est vrai, furent pour eux moins durs que les Séleucides. Pouvait-on oublier cependant les fréquentes déportations qui avaient eu lieu par leurs ordres, et, ce qui était. plus grave aux yeux des Juifs, le mépris qu’un d’entre eux avait montré pour leur culte, en voulant pénétrer dans le lieu très-saint ' ? Ce furent surtout les Séleucides qui
{. Pricicaux, Ifist. des Juifs ^ éd. franç. de 1775, t. iv, p. 75.
firent naître en eux une ineflaçable antipathie pour le nom grec. Le temple pillé à plusieurs reprises le sanctuaire violé -, la souveraine sacrificalure avilie par de honteux trafics des vexations sans nombre, avaient mis le comble à l’indignation des habitants de la Palestine, quand Antiochus Épiphane poussa la folie jusqu’à vouloir forcer les enfants d’Israël à faire le sacrifice de leur propre nationalité et à adopter les mœurs et la religion de la Grèce.
Il se forma cependant à Jérusalem un parti grec. Ceux qui le composaient, jaloux de la faveur d’Antiochus, renoncèrent à l’observation de la Loi, élevèrent un gymnase, donnèrent une forme grecque à leurs noms, adoptèrent, en un mot, la manière de vivre des Grecs *. L’auteur du premier livre des Maccabées appelle ces hommes des scélérats et un fléau pour Israël « Ils séduisirent la