ans avant Jésus-Christ
religion, fit obsèrver à Hircan qu’aussi longtemps qu’il laisserait entrer dans la ville les animaux pour le sacrifice, il ne réussirait pas à la prendre. Cet avis fui goûté, et le lendemain, au lieu des agneaux, on mit dans la corbeille destinée à les recevoir un porc immonde qu’on hissa sur le rempart. A ce sacrilège, dit la tradition, toute la terre à quarante milles à la ronde fut violemment ébranlée; et les chefs de la synagogue, comprenant aussitôt que cet acte impie ne pouvait avoir eu pour instigateur qu’un disciple de la philosophie grecque, lancèrent solennellement la malédiction sur quiconque enseignerait jamais la langue grecque à son fils ^ . Ce récit, qu’il repose ou non sur un fait historique, prouve clairement qu’un siècle après Antiochus Épiphane, les Juifs n’avaient pas de la culture grecque une opinion plus favorable, et qu’ils la regardaient encore comme une source certaine d’incrédulité et d’im- . piété.
Ce sentiment éclate dans bien d’autres traditions
i. Baba-Kama^ fol. 82; Mcnachoth, fol. 64; Sot ah, fol. 49; San-Baba, fol. 90; Gfrœrer, Bas Jahrhanderl des Heils, t. i; p. 445 ctH6.
juives. Eu voici une qui ne manque pas de finesse. Le fils de Douma demanda un. jour à son oncle Israël s’il ne lui serait pas permis, après avoir appris toute la Loi, d’étudier la sagesse des Grecs. Celui-ci commença par lui citer ce passage du livre de Josué : « Que le livre de la Loi ne s’éloigne pas de ta bouche ; médite-le jour et nuit * ; » et il lui dit ensuite : Cherche , je te prie, quelle est l’heure qui n’appartient ni au jour ni à la nuit, et consacre-la à l’étude de la philosophie grecque ^ .
Il faut encore rapporter un autre trait qui forme comme la contre-épreuve des précédents. La Mischna raconte que Gamaliel était versé dans la connaissance de la littérature grecque. Comment ce docteur, une des gloires de la synagogue, célèbre par sa fidélité à la foi de ses pères, put-il songer û acquérir une connaissance si dangereuse? La Ghémare, commentant ce passage de la Mischna, crut devoir expliquer ce fait ; elle fait remarquer que Gamaliel n’étudia la langue grecque que parce qu’il avait des relations obligées avec