‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 59 sur 225 · Néander, Kxrchengeschichle^ t'. i, p · texte numérisé non relu

Néander, Kxrchengeschichle^ t'. i, p

2. Josèphe, Guerre des Juifs, ii, H;i, 3, 5; Antiq. xv, 10, 4; XVII, 12, 2.

lOÎ DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS

les arts de la paix On peut conclure de là que les préjugés de religion et de race étaient enracinés en eux plus fortement encore que dans les pharisiens.

Séparés du reste de leurs coreligionnaires, les esséniens liabitaient dans des espèces de couvents, dont le plus grand nombre étaient groupés sur les rives orientales de la nier Morte. Leur organisation n’était pas très-différente de celle qui fut adoptée plus tard par le monachisme chrétien. Elle s’en distingue cependant par ce trait fort important, que cette secte formait une société secrète, en ce sens du moins que ses principes étaient .cachés aux profanes qui étaient également exclus de ses cérémonies. Les adeptes n’élaient initiés qu’après un double noviciat. Ils ne passaient dans les grades supérieurs que lentement, et dans la mesure de leur piété et de leurs connaissances. Ils s’engageaient par un serment solennel à ne faire connaître à aucun profane, ni même à un

1. Il y a dans ce fait la preuve irrécusable que les esséniens étaient différents des assidéensqui composaient la partie la plus vaillante des troupes des Maccabées; 1 Maccab., vu, 13; 2 Maccab., xiv, 6.

initié d’un degré inférieur, les doctrines qui leur étaient communiquées.

On n’a pas d’autres données sur leurs doctrines que celles qui sont fournies par Philon et par Josèphe. Mais le premier, comme Néander,le fait remarquer avec raison, présente la théosophie essénienne, moins telle qu’elle était en réalité, que telle qu’il lui convenait qu’elle fût, pour persuader aux Grecs .que les esséniens étaient des modèles de sagesse pratique *, et le second suit ici son habitude ordinaire d’habiller à la grecque toutes les croyances juives. On ne peut donc accueillir ces données qu’avec une extrême réserve; mais . la critique peut parvenir jusqu’à un ccriain point à soulever ce vêtement d’emprunt et à discerner le fond (pi’il recouvre.

S'il fallait en croire Josèphe, les esséniens auraient professé sur l’ame une doctrine absolument identique à celle de ' Platon. Principe subtil , préexistant au corps, l’aine est attirée par un certain charme naturel vers les choses sensibles; en s’unissant à elles, elle est la victime d’une

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