Rcuss, ibid,, l. I, p
2. La traduclion du Pentaleuque remonte au moins au commencement du II® siècle avant Tèrc chrétienne.
habitué au langage platonicien. Celte terre que Dieu vient de créer, désordonnée et confuse, d’après le texte hébreu, est, dans la version grecque, une terre invisible et sans forme C’est bien ainsi qu’un platonicien devait s’exprimer.
On a été plus loin, on a prétendu que le traducteur, imbu de la philosophie de Platon, avait cru retrouver dans les deux premiers chapitres de la Genèse la théorie du monde intelligible et du monde sensible, el avait composé sa version d’après cette idée préconçue. On sait qu’il y a dans ce livre deux récits différents de la création, l’un dans les chap. i, i-ii, 3, et l’autre dans le chap. Il, 4-25. M. Dæhne et d’autres avec lui ont soutenu que le traducteur avait vu dans le premier récit la description de la création du monde intelligible et dans le second le tableau de la création du monde sensible *.
Quelques autres passages de la Genèse, portant la trace de la même préoccupation platonicienne, sembleraient confirmer cette conjecture. On en