franck, la Kabbale, 3® partie, ch
3. Les ihéophanies et les anthropomorphismes sont en général évités dans les paraphrases chaldaïques, et le passage Deutéronome, xxxii, 8, a son analogue dans Ecclésiastique, XVII, 15.
ravalent fait ses pères, et de pénétrer plus profondément dans la connaissance du monde suprasensible. Il convient donc de les laisser de côté ‘ et de s’en tenir aux faits que nous avons signalés en premier lieu et qui suffisent, à la rigueur, pour donner une idée de l’esprit • général qui présida à la composition de cette version.
La tendance philosophique est bien autrement prononcée dans la Sagesse de Salomon (la Sapience), ouvrage dont on ignore et l’auteur et la date, mais qui est certainement postérieur à la traduction des Septante et qui a été plus certainement encore écrit par un Juif alexandrin. Comme les paraphrases chaldaïques et comme l’Ecclésiastique, ce livre enseigne que ce n’est pas Dieu qui a créé le monde, et que ce soin fut laissé à un être intermédiaire, à une émanation divine appelée la Sagesse. Mais les traits sous lesquels cet être intermédiaire est présenté, sont plus prononcés ici que dans les écrits palestiniens. Cette Sagesse pénètre toutes les substances et les vi-
I, ïoipta, Sapience, vu, 12; viii, 1 — 6; ix, 2. Le nom de Aoyb; lui est aussi donné, ix, 1; xvi, 12.
vifie (le son activité toute-puissante; elle est le souffle de la force de Dieu, l’émanation rayonnante de la toute-puissance et de la souveraine domination ^ On voit par conséquent en elle nonseulement le Démiurge, mais encore l’âme de monde. Cette dernière idée, entièrement inconnue aux palestiniens, n’a pu être empruntée qu’au platonisme.
Il y a dans la Sapience des traces irrécusables de dualisme. Sans aller jusqu’à affirmer que la matière est la source du mal, l’auteur de ce livre la regarde comme un fâcheux obstacle aux développements intellectuels et moraux. Il pense avec Platon que le corps corruptible appesantit l’âme et que la maison d’argile dans laquelle elle est ^ renfermée arrête le libre essor de ses facultés
De là à l’ascétisme il n’y a pas loin L’auteur de la Sapience y incline, ce me semble, d’une manière bien évidente, quand, infidèle aux principes les plus enracinés dans l’esprit juif, il célèbre
. 1. Jbid.y vu, 24 et 25.