‹ Des doctrines religieuses des JuifsChapitre 87 sur 225 · Ibid., vil · texte numérisé non relu

Ibid., vil

4. Ibid. y VIII, 7. -u>®poaûvT}, <pp6vT)aiç, Sixatooûvrj, dtvSpta.

Jusqu’à présent l’union de la philosophie grecque avec la théologie juive semble moins le résultat d’un dessein prémédité ou bien compris, que la simple conséquence de la culture grecque à laquelle les Juifs d’Alexandrie n’avaient pas pu

se soustraire. Élevés dans un milieu où l’ensei-

gnement philosophique tenait une place considérable, les auteurs de la version des Septante, comme celui de la Sapience, s’étaient imprégnés de ce qui, dans cette philosophie, s’accommodait en quelque manière avec leurs propres croyances, et leur éducation à demi grecque avait coloré leurs sentiments religieux d’une teinte platonicienne. Les choses changent avec Aristobule *• Profondément versé dans la connaissance de la littérature grecque , philosophe péripatéticien , selon les uns , plus vraisemblablement, comme d’autres le supposent, éclectique platonisant, il semble avoir entrepris, de propos délibéré, de pousser aussi loin que possible la fusion de la théologie juive et. de la philosophie de la Grèce. Il est certain du moins qu’il voulut prouver non-

I. Il vivait à Alexandrie vers le milieu duii® siècle avant l’ôre chrétienne.

seulement leur parfaite harmonie, mais encore l’origine hébraïque de la philosophie grecque.

Pour réussir dans ce dessein, pour montrer l’accord de deux ordres d’idées qui pouvaient bien offrir à son esprit prévenu de grandes affinités, mais qui en réalité étaient, sinon opposées, du moins fort divergentes, il fallait faire violence et aux unes et aux autres, et leur prêter un sens qu’elles n’ont pas. Nous dirons dans un moment comment il s’y prit pour trouver la philosophie grecque dans les révélations mosaïques ; voyons d’abord comment il procéda pour montrer l’hébraïsme dans la philosophie grecque.

Le moyen qu’il employa est de la plus grande

simplicité. Il interpola des écrits grecs déjà existants ; il en fabriqua probablement môme de toutes pièces. Il était difficile de s’attaquer à Platon et à Aristote , dont les écrits ou du moins les systèmes étaient trop connus pour se prêter à ces falsifications. Il eut recours aux anciens poètes , dont les œuvres se prêtaient plus facilement à des remaniements et à des interpolations, et qu’on tenait d’ailleurs pour des hommes inspirés des dieux et pour les théologiens de la Grèce. Il y

avait un double avantage à s’en prendre à leurs écrits *. Une fois qu’il y eut introduit des allusions transparentes à rhistoirê et aux croyances des Hébreux, il les produisit comme des preuves évidentes que les livres de Moïse avaient été familiers aux écrivains de la Grèce antique , qui s’en étaient inspirés.

Mais comment ’ des Grecs avaient-ils pu con- ' naître les livres saints des Hébreux? Aristobule écartait cette difficulté en prétendant que, bien avant l’existence de la traduction des Septante, on avait, en Égypte, une version grecque du Pentateuque, et. que Pythagore, Platon et les autres philosophes grecs, que la tradition fait voyager sur les bords du Nil, en avaient eu connaissance et y avaient puisé tout ce qu’il y a de grand et de vrai dans leurs systèmes

A ces arguments en joignait-il d’autres ? C’est

1. Valkenacr a recueilli un grand nombre de9 passages qu*À< :

rislobule y avait falsifiés ou interpolés. Diatribe de Aristobulo judœo § 3, 4, 5, 25, 26, 35, 38, 39 et 40. Si lelccieur voulait se faire une idée de ces falsifications, je le renverrais à une poésie orphique qu’Aristobulc citait dans son commentaire sur le Penta- ■ leuque et qui est rapportée par Eusùbe, Prœpar. evangel. xiii. 12.

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