Valkenaer, Diatribe de Aristobulo judœo
probable ; mais ceux-là seuls nous ont été conservés. U serait possible que Pbiloii et Josèphe lui eussent emprunte une partie de ceux qu’ils * présentent en faveur de la même thèse.
Le procédé par lequel Arislobule retrouve la philosophie grecque dans les traditions hébraïques n’est pas moins digne de fixer l’attention. Ce m’est plus ici .les (expédients par lesquels les auteurs de* la version des Septante introduisent dans les livres samts des conceptions qu’ils ont puisées dans- les écoles grecques, ni le syncrétisme non raisonné de l’auteur de la Sapience qui juxtapose des idées grecques et des. croyances juives, sans s’inquiéter beaucoup de les raccorder. Aristobule ne marche pas à l’aventure ; il a une théorie qui lui sert à dénouer toutes les difficultés; c’est la méthoile d’interprétation allégori(ju-?.<]elle méthode, il ne l’a pas inventée; il la tient de Platon et des stoïciens qui en avaient fait usage pour expliquer la mythologie grecque ; mais, le premier parmi les Juifs, il l’applique, avec connaissance de cause, à l’explication des cinq livres de la Loi .
L’ouvrage (|ui a transmis son nom à la posté-
rilé, et dont nous avons quelques fragments *, est désigné par Eusèbe comme une interprétation allégorique du i’entaleuque.- Peut-être ce titre est-il celui qu’il avait donné à son livre. Dans tous les cas, il nous en ferait connaître le but si, dans un des fragments qui nous restent, Aristobule ne l’expliquait lui-même. « Ceux, dit- )> il, dont l’esprit a peu de [ ortée et d’intelligence, » en s’arrêtant à la lettre, ne voient pas ce qu’il y » a de grand dans ee qui est exposé. En consé- » quence, je vais essayer, autant qu’il sera en moi, » d’expliquer chaque chose'. »'Et dans un aütre fragment, après avoir fait remarquer que Moïse, pour exprimer les mouvements de l’âme ou les nobles conceptions de l’intelligence, emprunte à des objets sensibles les termes dont il se sert, il ajoute : « Les hommes dont le sens est droit ad- » mirent en lui la sagesse profonde, cet esprit di- » vin qui lui a mérité le titre de prophète. Ceux,
1. Eichhorn, AUgem. Biblioth., l. v, p. 253-299; Valkenaer, Diatribe de A ristobulo judœo ; Dæhnc, ibid., t. ii, p. 73-112; Gfrœrer, Kritische Geschichte des Urchristenthums , 2* édit., l. Il, p. 71 et suiv.