De Cherubiin
s’ils essayèrent de soulever contre elle la foule de leurs coreligionnaires d’ Alexandrie, dis n’y réussirent pas. La considération dont Philon fut entouré jusqu’à la fin de sa vie en est une preuve irrécusable.
. L’existençe, parmi les Juifs d’Égypte, d’un parti représentant les tendances palestiniennes, est attestée d’un autre côté par quelques écrits composés dans cette contrée et empreints jusqu’à un certain point de la thédogie des pharisiens. Nous voulons parler, du second livre de Maccabées, des fragments juifs des oracles sibyllins, du livre
d’Ênoch et du quatrième livre d’Esdras L Ces
trois derniers ouvrages sont des apocalypses et présentent,. par conséquent, le tableau d’un ensemble d’idées étrangères à la théosopbie des Juifs d’Alexandrie. Cependant, quoiqu’ils se rattachent à l’écrit qui porte le nom de Daniel, et que leurs auteurs l’aient pris pour modèle, il y a,, principalement dans le quatrième livre d’Esdras, ini fond de spiritualisme qui manque%aux apocalypses palestiniennes et qui prouve qu’au sein de la culture
1. Ce livre a reçu diverses additions de la jnain d’un chrétien, mais le fond général paraît être l'œuvre d’un juif.
rj8 DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUI-FS
grecque d’Alexandrie l’esprit pharisaïque n’avait pas pu se mainlenir.^dans sa pureté, et qu’ü. s’était laissé entamer parda philosophie de la Grèce.
Les représentants de la tendance palestinienne en Égypte appartenaient certainement a la colonie juiv^e d’Héliopolis. Formée dans le principe, cent cinquante ans avant l’ère chrétienne, par quelques
familles sacerdotales qu’Onias y avait attirées^,' elle s’accrut assez rapidement d’un grand nombre de juifs qui venaient y chercher la paix et la sécurité bannies à cette époque de la*Palestine. Ils>ÿ apportèrent les principes, les croyances et les préjugés des écoles pharisiennes.* Leur posilioiLet leur masse compacte les préservèrentpendantlonglemps du contact et de la contagion de la culture grecque. Le temple d’Héliopohs devient ainsi le centre d’un mouvement juif apposé 'à celui d’Alexandrie.
On a de bonnes raisons de croire qu’il n’y eut pas entente cordiale entre -ces- deux fractions du ■ judaïsme en Égypte. Les juifs d’Alexandrie ne ' paraissent pas avoir approuvé la construction du temple d’Onias.- Peu sensibles aux avantages que -