DBS DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS
mieux à des esclaves qu’à des hommes libres La répulsion des Juifs pour la culture grecque est donc un fait incontestable. Depuis le milieu du iu e siècle avant l’ère chrétienne, c’est-à-dire depuis le moment que le peuple d’Israël eut des rapports forcés avec les Grecs, maîtres de la Syrie, de l’Asie mineure et de l’Égypte, jusqu’au moment où fut compilée la Mischna, les docteurs de la loi furent toujours unanimes à voir dans la civilisation grecque, dans sa philosophie, dans sa religion, dans sa littérature, un grave danger pour leur culte et même pour l’existence de la famille de Jacob. Ils ne cessèrent jamais de la repousser et de la maudire 2 . Il faut par
* Antiquités, xx, 9.
* On a prétendu que la littérature grecque fut d’abord bien accueillie dans la Judée, et que ce ne fut que plus tard, quand les Juifs s’aperçurent de l’usage que les chrétiens faisaient de la version des Septante qu’ils condamnèrent cette version et avec elle toute étude de la langue grecque. Nous avons déjà prouvé que, bien avant lere chrétienne, les Juifs de la Palestine repoussèrent la littérature grecque comme la source de l’incrédulité et frappèrent de réprobation ceux qui la cultivaient. Nous ajouterons que l'on n’appuie l’opinion que nous combattons que sur un ou deux passages du Talmud mal entendus, principalement sur Sotah, cap. 7. On peut voir ce passage dans Buxtorf, Lexicon chald. et Talmud, col. 104.
conséquent renoncer à chercher dans la philosophie grecque une des causes du développement de la science juive. Par leur nature même autant que par l’effet des événements, la philosophie grecque et la science juive devaient nécessairement se repousser l’une l’autre.
Le parti grec qui s’était formé à Jérusalem et qui, probablement antérieur au règne d’Antiochus Épiphane, joua, sous la domination de ce prince, un rôle si odieux et devint pour les Israélites pieux et pour la masse du peuple un objet d’exécration et d’horreur, se composait d’hommes riches, préférant à l’honneur national et au culte de leurs pères la conservation de leurs biens et le triste avantage d’être les premiers dans un troupeau d’esclaves. Après l’affranchissement de la Judée parles Maccabées, ce parti ne disparut pas, quoiqu’il n’eût plus de raison d’être; mais il se transforma. Il ne pouvait plus être question pour lui de faire triompher les mœurs et la culture de la Grèce; mais par habitude, par position, il resta l’ennemi de tout ce qui avait pour effet de séparer plus fortement encore les 'enfants d’Israël des autres nations. Il fut l’adversaire décidé de la théologie des pharisiens, qui était