‹ Des doctrines religieuses des juifs pendant les deux siècles antérieures à l'ère chrétienneChapitre 19 sur 56 · G DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIKS · texte numérisé non relu

G DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIKS

grâce de Dieu, par le fait seul qu’ils descendaient d’ Abraham ; ils s’étaient persuadés que la circoncision et la pratique des prescriptions légales les élevaient au-dessus du reste des hommes. Ces dangers n’existaient pas pour les Juifs dispersés parmi les Grecs. Leur éloignement de Jérusalem, centre et théâtre du culte lévitique, ne leur permettait pas d’attacher aux cérémonies célébrées dans le temple la même importance que leurs frères de la Judée. Mais peut-être, par cela même, ils se faisaient de ces cérémonies une image plus idéale et plus digne d’un culte en esprit et en vérité '. Leur position au milieu d’une civilisation différente de celle que suppose le rnosaïsme, leur rendait impossible l’observation d’un grand nombre de pratiques pharisaïques et les délivrait par cela même de la tendance palestinienne à enchaîner la vie de l’israélite dans un tissu serré de prescriptions légales. Dégagé de ces entraves du formalisme qui l’absorbait dans la Palestine, le rnosaïsme rentra dans la voie que les prophètes avaient voulu lui ouvrir et tendit à devenir une religion plus spiritualiste, fondée sur la re-

' Jean, iv, 24. .

DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS. H 7 connaissance et l’adoration d'un Dieu unique, cause et providence de tout ce qui existe.

Les Juifs d’Alexandrie durent être frappés des analogies qui rapprochaient de leur religion ainsi comprise la plupart des grands systèmes philosophiques de la Grèce. Platon, Aristote, les stoïciens proclamaient l’unité de Dieu aussi hautement que Moïse. Comme lui, ils prêchaient la vertu et en faisaient la condition indispensable du bonheur. des individus et des peuples. Dans leur ignorance de l’histoire et dans la naïveté de leurs conceptions religieuses, ils regardèrent ces ressemblances comme des preuves d’une filiation historique, et ils ne doutèrent pas que les philosophes grecs ne fussent en un certain sens des échos de Moïse et n’eussent emprunté à ses écrits des principes si contraires au polythéisme des peuples auxquels ils appartiennent par leur naissance. Ce sentiment ne s’effaça jamais de leur esprit. D’Aristobule à Philon et de celui-ci à Numénius d’ Apamée, qui était probablement aussi un Juif helléniste, tous ceux qui se sont familiarisés avec la philosophie grecque répètent sans cesse que Platon est un Moïse parlant grec. F/orgueil national ne fut pas sans doute étranger à cette idée;

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