P HÉ K ACE
entièrement de l’ Ancienne Alliance, et ceux qui lui attribuant une valeur absolue et indépendante, le considéraient comme la religion de l'homme en général, sans distinction de nationalité, et non plus seulement comme celle d’une race privilégiée. Cette division n’était en réalité que la conséquence d’une division analogue qui avait déjà séparé en deux camps les enfants d’Israël. Ce n’était pas seulement les Juifs dispersés parmi les Grecs qui avaient essayé d’arracher le judaïsme à son antique particularisme ; dans le sein même des écoles de la Judée, on trouve à côté de la majorité des docteurs d'Israël qui attachaient une importance extrême à l’observation de la loi, une minorité décidée à mettre les préceptes moraux audessus des prescriptions légales et cérémonielles, et il ne peut rester le moindre doute sur l’espèce de filiation que nous venons d’indiquer, quand on voit que le héros de l’universalisme chrétien appartenait par sa naissance au judaïsme helléniste et par son éducation à une école dans laquelle on professait un judaïsme plus spiritualisé, et que le plus grand nombre des disciples qui se rangèrent autour de lui étaient sortis des communautés juives de la Grèce, d'Alexandrie ou de l'Asie-Mineure.
Il y a plus encore. La plupart des doctrines adoptées par le christianisme font partie, sous une forme plus ou moins adéquate, de l’enseignement de la synagogue, et de ces doctrines, les unes sont entièrement inconnues aux prophètes et les autres ne se montrent qu’en germe dans leurs écrits. Que prouve ce fait, sinon que la théologie juive a servi d’intermédiaire entre le prophétisme et le christianisme, et que le judaïsme n’a transmis aux premiers chrétiens