‹ Des doctrines religieuses des juifs pendant les deux siècles antérieures à l'ère chrétienneChapitre 31 sur 56 · DES DOCTRINES R K LIG ICI SES DES JUIFS · texte numérisé non relu

DES DOCTRINES R K LIG ICI SES DES JUIFS

vient trouver Abraham et s’entretenir avec lui

Il n’en fallait pas tant pour autoriser les théologiens juifs à admetlre que c’est aussi cette parole qui apparut aux anciens patriarches et qui servit constamment d’intennédiaire à Uieu pour traiter avec les hommes. C’était là, il est vrai, transformer une figure poétique de langage en un être réel et concret ; mais on ne saurait s’en étonner, quand on sait combien ce procédé a été familier aux Juifs. La kabbale consiste tout entière dans la personnification des attributs de Dieu.

Pour ce qui est du nom de Verbe sous lequel cet être intermédiaire est désigné dans les paraphrases chaldaïques et dans les écrits de Philon, il a son origine dans les passages bibliques que nous venons de citer; le fait semble incontestable. Si cet être est dépeint par Jésus, fils de Sirach, sous la dénomination de la Sagesse, c’est que cet auteur a voulu imiter le livre des Proverbes jusque dans ses expressions. Le mot Yerbe ne lui est d’ailleurs pas inconnu ". Ce dernier terme prévalut, non

i Genèse, xv, 1, 4; comp. Jérémie, i, 4; h, 1. * Ecclésiastique, xui, 15; xlviii, 3 et 5.

214 DUS DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS, pas tant peut-être parce qu’il était employé plus souvent dans les livres sacrés, que parce qu’il était consacré par la Genèse, le plus ancien des livres saints, et qu’il rappelait le récit même de la création.

Nous pouvons conclure de la discussion à laquelle nous venons de soumettre la question de l’origine de la doctrine du Verbe, qu’elle n’est pas le résultat d’une influence étrangère; qu’elle a sa source dans les livres canoniques de l’Ancien Testament; enfin, qu’elle est le produit, non d’un travail métaphysique sur la notion de Dieu, travail pour lequel les Juifs du 11 e siècle avant l’ére chrétienne avaient peu d’aptitude et dont ils ne sentaient ni l’importance ni la nécessité, mais d’une interprétation à la fois littéraliste et arbitraire, appliquée principalement à faire disparaître les difficultés que présentaient les textes des livres saints et à tirer de leur enseignement un ensemble de doctrines plus ou moins systématique.

Cette doctrine, quand elle fut arrêtée dans ses points principaux, passa, avec l’expression qui la désigne, aux Juifs d’Alexandrie, de la même manière que leur furent apportées plusieurs autres idées qui n’ont pu prendre naissance en Égypte,

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