KS DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS
regardaient la milice céleste comme organisée hiérarchiquement.
Il ne paraît pas que les anges fussent connus dans l’antique Israël par des noms propres. 11 n’y a dans tous les livres écrits avant la captivité de Babylone qu’un seul passage dans lequel quelques rares interprètes ont voulu voir le nom propre d’un ange ; l’immense majorité des commentateurs est d’une opinion contraire. Quand Manoah demande son nom à l’envoyé divin qu’il ne connaît pas pour un ange, celui-ci lui répond : « Pourquoi me demandes-tu mon nom? Il est Que signifie ce
mot? Le passage tout entier indique déjà que l’ange ne veut pas faire connaître son nom et peut faire supposer que le mot employé ici n’est pas un nom propre, mais seulement un qualificatif. Le sens littéral de ce mot est en effet admirable, merveilleux, et probablementdans ce passage mystérieux' 1 . L’on peut traduire par conséquent : « Pourquoi me demandes-tu mon nom? C’est un mystère 3 »
* Juges, xiii, 18 et 19.
1 el d au8 * e ^ er * ,l ?? de * nus ' 1 ^ au et signifiant au niphal être extraordinaire.
* Maurer explique ce passage dans ce sens : Noli quærere de
DBS DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS. 249 Quant aux séraphins aux six ailes qu’Esai'e (vi, 2 et 3) place autour du trône de Jéhovah, ils ne semblent être que des peintures symboliques dejs messagers divins', et les chérubins revêtent dans l’Ancien Testament des formes trop diverses pour qu’on puisse voir en eux autre chose que des représentations idéales variant selon l’imagination des poètes 2 .
En résumé, tout ce que les anciens Hébreux savent des anges, c’est qu’ils sont des êtres d’une nature supérieure à celle de l’homme, les messagers de l’ Éternel et les exécuteurs de ses ordres.
l)ans les deux siècles qui précèdent l’avénemcnt du christianisme, on trouve une angélologie bien autrement développée. Les attributions des mes*
nominc tneo, est enim admirabile, idcoque incffabile. Comn i. gramm. critic., I. i, p. 142.
i Winer, Biblixches Realirirrterbuch, au mot Seraphim. » Winer, ibid., au mot Chérubin.