‹ Des doctrines religieuses des juifs pendant les deux siècles antérieures à l'ère chrétienneChapitre 48 sur 56 · L. Bertlioldt, Christologia Judœorum · texte numérisé non relu

L. Bertlioldt, Christologia Judœorum

DES DOCTRINES RELIGIEUSES DES JUIFS. 349 quelle dans les doctrines de leur nation, mais de rechercher plus exactement ce que leurs livres saints enseignent sur ce point. Nous essaierons plus tard de déterminer en quel temps et sous quelle action se fit ce travail. Il nous suffit ici d’indiquer quelle put être l’influence du mazdéisme. Elle n’alla pas au delà du désir que les docteurs juifs conçurent, à la vue d’une doctrine si consolante, de la retrouver dans les écrits de Moïse et des prophètes.

Sous l’impression de ce sentiment, il ne leur fut pas difficile d’y voir des faits et même des enseignements, desquels on pouvait la tirer par quelque espèce de déduction, ou du moins auxquels il était possible de la rattacher avec quelque apparence de raison. Tant que les esprits enfermés dans l’antique point de vue que la piété trouve sa récompense , et l’impiété sa punition sur cette terre, n’avaient eu aucune idée plus relevée, ils ne s’étaient pas arrêtés à ces passages de leurs livres saints d’une manière particulière ; ils n’avaient même jamais pensé à la possibilité d’en tirer des conséquences presque indiquées à la curiosité de l’intelligence. Il n’en fut plus de même du moment que l’attention

eut été éveillée par la doctrine mazdéenne. L'exégèse rabbinique, possédée déjà de la manie dessubtilités, qui fut toujours son caractère distinctif , finit par trouver à chaque page de l’Écriture une idée que pendant des siècles elle n’avait vue nulle part. Peut-être y eut-il déjà à cette époque un docteur juif assez clairvoyant pour entrevoir que le Dieu d’ Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants \ Ce qui est plus certain, c’est qu’on regarda la disparition d’Hénoch ( Gen . v., ‘21), l’évocation de l’ombre de Samuel (Sam., xxvm, 7-20) et l’ascension d’Élie au ciel (2 Rois, ii, 11) comme des indications que l’homme passe dans une autre vie avec son corps*. Rattachant ensuite les inductions qu’on pouvait tirer de ces fuits à de passages tels que ceux d’Ésaïe (xx vi 18 et 19) et d’Ézéchiel (xxxvn, 1-14), on eut une espèce de démonstration scriptuaire de la doctrine de la résurrection des corps, démonstration

i Math., xii. 32. — Leasing, Éducation de l’humanité,

1 L’auteur de la Sagesse de Salomon gernble aussi tirer de ce fait une espèce de preuve en faveur de l’immortalité de l'âme, IV, 10-14.

sans doute arbitraire, mais valable pour l’intelligence juive, telle qu’elle était à ce moment, et nous pouvons ajouter, telle qu’elle est restée longtemps encore

Page 1