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leur volonté. Ils doivent donc yapporter la plus grande attention et en peser toutes les expressions. S'ils ne le font pas, ils commettent une imprudence plus ou moins lourde, selon que l'erreur où ils sont tombés est plus ou moins grossière; il n’est que juste qu'ils en supportent les conséquences.
La déclaration peut être incomplète. C’est ce qui a lieu dans l'exemple fourni par Pothier. Voulant faire faire un tableau par Natoire, je m'adresse à Jacques : si je tiens à ce que le tableau que je commande soit peint par Natoire, je dois le dire dans ma déclaration. Pratiquement j'aurais dû demander à Jacques : « Êtes-vous bien le peintre Natoire ? » Jacques m’eut répondu « non » et j’aurais su à quoi m'en tenir. En ne prenant pas cette précaution, je commets une imprudence dont il est juste que je subisse les conséquences. La déclaration incomplète est en somme une déclaration mal faite et doit être traitée comme telle. Il nesauraïit donc y avoir aucune difficulté à accorder dans tous ces cas, l’action en indemnité.
Mais, pour savoir si le malentendu vient de ce que la déclaration a été mal faite, ou si c’est au contraire qu’elle a été mal comprise, il faut avoir déterminé préalablement le sens objectif de la déclaration. Ce sens est théoriquement celui qui résulte de l'interprétation grammaticale du texte et de la signification que les mots employés ont dans le langage usuel ou dans les relations commerciales. Mais, même à renfort de dictionnaire et de grammaire, il ne sera pas toujours possible de préciser exactement le sens d’une déclaration. Les mots n’ont pas tous, comme les expressions géométriques par exemple, une signification absolument nette et précise, susceptible d’être entièrement circonscrite dans les termes d’une définition bien faite : — un même vocable peut désigner des choses bien différentes. Nous n'en voulons pour exemple que le mot louer qui signifie à la fois donner à bail et prendre à bail. Encore lorsqu'il y a emploi d’un terme douteux, peut-être pourrait-on relever une faute à la charge des parties. Mais de laquelle”? de celle qui a employé le terme amphibologique ou de celle qui a accepté cette expression douteuse ? Et d’ailleurs il y a des mots qui changent de signification suivant les pays. On