CHAPITRE I (art
349. Du reste, quand Fun des colégataires seul fait Touvrage entier, sans que Tautre veuille y prendre part» raccomplissement ne profite pas à ce dernier. D'après Justinien (1) , la part accroît au légSH taire qui a fait Touvrage. Rien n'est plus juste , puisque TouTrage étant fini , il ne serait pas bien que rhéritier, qui en profite , profitât aussi de la caducité. Je suis étonné que Furgole soit* d'nn avis contraire (2}. Écoutons Yoët : Sed tomm, Jure ivoto, cœteris cessantibtu , factum individuum in totum ab uno impleri potest ad id^ ut ipse solus , exclusis cœleris implere nolentibus, tolum percipiat, qui j si emnes tmplerent non ultra partem sibi datam habiturus essel (L. penult., C, De condit. in$ert.). Sublatd veterum dubitatiane qui hicmulta ad voluntalis quœstionem redu' cebanif utpatet ex multis legibus... Cœlerorum implere cessantium parles huic quoque accrescent, cum onere tamen parendi ulltrius apposilœ conditioni. El idem est, cùm plures honorati sunt sub conditione dandi individuâ^ v. g. si EQuoif dederint (3). L'article 1044 copfirme, du reste, cette manière de voir (4).
350. Lorsque plusieurs conditions sont imposées, il faut voir comment elles se doivent accomplir.
Paul fait à cet égard une distinction qui est la clef de la matière.
Ou les conditions imposées sont unies par la copu* lative et^ ou elles sont réunies par la disjonctive ou^
(1) Loi 6. fenuU., Z., De cond. intert.
(3j Voët, 28, 7, 5.
(4) V. infrà le commentaire de cet article.
Au premier cas , il faut les accomplir toutes ; au seèond , il suffit d'obéir à une seule (1).
Malgré la simplicité de ces principes , il s'est élevé cependant à cet égard des contestations nombreuses fondées sur ce quil y a des cas où la disjondive de- Tient copulatiye, et réciproquement (2).
Là-dessus, on a beaucoup écrit, e(| malgré tout ce qu'on a dit, il est fort difficile de donner des règles précises sur une matière si largement ouTerte à l'interprétation (3). On ne peut que s*en référer au principe général qui impose au juge l'obligation de s'en tenir aux termes employés , à moins qu*il ne soit manifeste que le testateur a touIu autre chose. « Non aliter à significatiane verborum recedi aportetf 9 quàm cum manifestwn est aliud sensisse testaUh 9 rem (4). > C'est , en définitire, la conclnsion de Furgole (5) , et Yoêt a eu grande raison de dire : t Plané j si nulla gpecialis ratio obstet^ quàminus con* yijuncta pro conjunctis, diyunctapro difjunctis habean* » tur, à propriâ particulœ conjungentis aut disjungenHi » significatione recedendum non eêt (6). »
(i) L. 5, D., De condiU instit. V. aussi 1. IIO, § 3, D., De reg. juris ; 1. 78, § 1 , De cvndiL et demanst. Ricard, n- 582 et suiv. Furgole, VII, 5, 108.
(2) L. 29, De verb, ngnif. L. 53, lue. eit.
(3) Furgole, VII, 5, 110 ; VII, 6, 35 à 85. Voët, De ami. instit., ii»29. Pothier, Pandecte, t.Il,p. 326, n*268,269. Merlin, Répert.,v^D^;oiicltt;0et Copulative.
(4) L. 69, D., De légat., Z\
(6) Loc. eit.