CHAPITRE 1 (art
Une heure après ma mort, mon âme évnnoiiic Sera ce qu'elle était une heure avant ma vie (1).
C*est là ane solutioa du problème de Tautre vie
<IQ6 chacun peut apprécier suivant le degré de sa foi,
de 868 lumières, et suivant la force de 5on esprit.
C'est un système tout entier sur lequel on dispute
depuis longtemps, et sur loque! on disputera toujours,
car un mystère impénétrable couvre celte haute
question dans laquellese résume Thomme tout entier.
Hais aller jusqu'à dire que la mort efface tellement
ie passage de Thomme, que c'est comme si le souffle
de la fie ne Teût jamais animé, ce ne peut ôlre qu*unô
%re de rhétorique qui, réduite à sa juste valeur,
n'a pas de sens. Est-ce que Thomme n'a pas laissé
des enfants dans lesquels il se continue? Est-ce qu'il
'l'a pas laissé des actes dont lesouvenir se perpétue?
&Uce qu'il n'a pas transmis des droits, fait des alié-
''^Uonav conféré àei adlions dont la mort n'altère par
'^rrévocabilité et n'efface pas la durée indéfinie? Est-^
^ que ces ouvrages de sa volonté iie marquent pas
^*Un sceau ineffaçable la trace de sa vie? Il a donc
^^^it de dire : Non omnis moriar. Et si sa volonté sur-
^i à la mort pour maintenir ses ventes, ses dona-
^ons, ses échanges, pourquoi pas pour maintenir
^ci testament?
Hirabeau, poursuivant ses déductions, s'élève avec fox-«e contre les dispositions testamentaires qui ren-
(1) At quanto facilius cerliusque , sibi quemque crederej ^^ 9peeimen securiiaiii untegenilali iumere experimento ! ^Kne, VU, 56, in fine. (Édil. Panck., t. VI, p. 144.)
54 DONATIONS £T T£STAHEN1^
versent rôcoDOinie 4i6 la succession ub inieitat; il rappelle la prohHNtion des tesftameniB i Athènes, avant Selon» et la loi de ce législateur célèbre qui, en accordant le droit de tester, excepta néaamoins^e ce droit les chefs de &miUe« Toulant ainsi ^e toat fût réglé eu Hgne directe, par les Im de laBépMique, el rien par la volonté des citoyens^
Puis il ajoute :
a Eh quoi! n^est^ce pas assez, pour la société, des
• caprices et des passions des vivants? Noas faut-il » encore subir leurs caprices, leurs passions quand ils
• ne sont plus?...]N'avonsHaous pas vu une foule de
> ces testaments où respiraient Umtôl Torgueil, tantôt
> la vengeance; ici un juste éloignement» la une
• prédilection aveugle? La loi casse les testaments
• appelés ab irata. Mais ponr les testaments qu'on
> pourrait appeler a decepto, a moroso, ab imbecilU^
• a délirante, a superbo^ la loi ne les casse point, et
• ne peut les casser. Combien de ces actes, signifiés
> aux vivants par les morts , où la £)lie semble le » disputer a la passion; où le testateur fait de telles « dispositions de sa fortune qu'il n'eût osé de son vi- » vaut en faire la confidence à personne; desdisposi » tiens telles, en un mot, qu'Ù a eu besoin, pour ie » les permettre, de se détacher enlièrement de sa mé* » moire, et de penser que le tombeau serait son abri
• contre le ridicule et les reproches I » (Applaudisse* ments.) Enfin, après d*autres développements éloquents sur les avantages de Tégalité entre enfants, Mirabeau concluait à ce que le père de famille ne pu enlever à ses enfants, par donation on testament, <{ui le dixième de ses biens.
tmMHinai i (iuttr. 893). 55
^oar arriver a corriger quelque thw delà pots- ^^te testamentaire, pour assurer aux enduits le droit à UDH légitime, iln*étaitptt8 nénses^itre d*éle- Yer ce toillaot échafaudage de sopfaismés. On peut très-bien concilier Toriginb naturelle du droit de tester avec robligation du père de fttniUe de ne pas dépasser une certarùe portion disponible; et cette conciliation n'a besoin d*aucun sacrifice de* mandé au droit sacré de propriété et à ses àttfibnts