‹ Des donations entre-vifs et des testaments, ou, Commentaire du titre II du livre III du Code Napoléon (volume 5)Chapitre 17 sur 333 · CHAPITRE II (art · texte numérisé non relu

CHAPITRE II (art

quefois son sens primitif et général (1), se restreignit fréquemment au cas de fureur (2), tandis que démens signifia les autres genres de folie, aussi bien que mente captus.

Notre nomenclature est plus précise; elle désigne trois états différents des maladies mentales. Les médecins en reconnaissent quatre : la manie, la mélancolie ou monomanie, la démence et l'idiotisme (3). Mais nous allons voir que cela n'est pas autre chose que la classification du Gode avec un déitail de plus et des mots différents; mots empruntés du grec(î7ian/a?i, melancolian), et que Cicéron signalait comme manquant de justesse ou de clarté (4).

L'imbécillité est un affaiblissement de l'esprit qui rapproche le malade de l'enfance ou de l'extrême décrépitude.

La démence est l'expression générique qui désigne toutes les variétés de la folie ; c'est la privation de la raison avec ses accidents et ses phénomènes divers. Folie continue (5) ou intermittente ; folie totale ou partielle; folie tranquille ou orageuse et délirante, la démence {dementia, privation de l'esprit) exprime tout cela.

(1) Voy. le tit. du D. et du C, De curât, furios.

(2) L. 25, C, De mtptm.

(3) Pinel, Traité de l'aliénation mentale. Voy. Revue de légisL, 1850. t. II, p. 214, et aussi le t. XII de la Collection génér. de ladite Revue, p. 289.

(4) TuscuL, 3, 5.

(5) Cum continua mentis alienatione, Macer., L 14, D., Z)e off. prœsid.

n2 DONATIONS ET TESTAMENTS.

Mais quand la démence est menaçante pour la vie des autres, quand elle se répand en mouvements forcenés, en actes de férocité sauvage, en tentatives sanguinaires , elle prend plus particulièrement le nom de fureur (i). La siireté publique prescrit, en pareil cas, des mesures de précaution. La fureur est l'espèce ; la démence est le genre (2).

Toutes les espèces de démences ont pour principe une maladie essentielle de la raison, et par conséquent l'absence de délibération, de volonté, de responsabilité ; il en est de même de l'imbécillité (3).

450. Il est vrai que le fou n'est pas incapable de raisonnements justes au milieu de sa plus grande folie. On voit assez souvent des insenteés qui associent des idées raisonnables à leur idée extravagante, et qui mettent de la logique dans leur démence même. Mais ce phénomène n'empêche pas l'existence du

(1) Oreste, dans l'antiquité, Horace, 2, 3.

(2) Voy. là-dessus d'Aguesseau, plaid, dans la cause de l'abbé d'Orléans, et M. Merlin, Répert., v* Démence. Leurs définitions offrent quelques différences légères.

(3) Ceci me rappela l'Arioste:

Varij gli effetli son, ma la pazzia È luU' una perô, che li fa uscire; Gli è corne una gran selva, ove la via Conviene a (orza a cbi vi va (allire.

Cbi su, chi giù, cbi quà, cbi là, Iravia.

{OrK furioso, canl. 24.)

El aussi Horace {Salyr., 2, 3), qu'Ariosle a imité :

Velut sylvis, ubi passim P.ilanles error cerlo do liamitc pellil; Ille siiiistrosum, bir d<\trosiini obit : unus utique Er((.r:vC(l variis illulit prlibu-*.

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