‹ Des donations entre-vifs et des testamentsChapitre 195 sur 371 · CHAPITRE i (art · texte numérisé non relu

CHAPITRE i (art

dre. Voilà ce qui explique beaucoup de conditions testamentaires empreintes d'une singularité extrême, dont les lois romaines ont donné des exemples, et qui sont beaucoup plus rares dans nos mœurs. En pareil cas, qu'a fait la sagesse des jurisconsultes? Elle a rejeté ces conditions, parce que bien qu'inexécutables, elles n'excluent pas en général la volonté de donner qui soutient la disposition.

Pomponius a cité un exemple célèbre : J'institue Titius pour mon héritier, s'il louche le ciel avec la main (1). Je ne sais si cette hypothèse est imaginaire, ou si Pomponius l'avait rencontrée dans ses études. Quoi qu'il en soit, il faut dire que si le testateur n'était pas atteint de folie, sa disposition est celle d'un homme qui a voulu faire une plaisanterie à son héritier, ou donnera sa pensée une forme bizarre. Regardez-y de près; c'est comme s'il avait dit: J'institue Titius pour mon héritier pur et simple. Car toucher le ciel avec la main est chose impossible; et comme on n'entreprend pas l'impossible, et qu'à l'impossible nul n'est tenu, Titius n'aura rien à faire pour être mon héritier.

217. A cela on ne saurait opposer avec solidité l'exemple des contrats. Quand on contracte, et que l'on meta son engagement une condition absurde et impossible, il est clair qu'on n'a pris cette tournure, que parce qu'on ne voulait pas s'engager. Vous me demandez de m'acheterma terre; je vous réponds par un refus. Vous insistez; alors, pour en finir, je vous écris : « Vous aurez ma terre quand vous au- » rez bu toute l'eau de la mer. » C'est répondre par une plaisanterie à une proposition qui n'a pas paru sérieuse.

Mais si faisant un acte spontané, comme l'est un testament, je dis : « J'institue Titius s'il boit toute l'eau de la )> mer, » le résultat sera tout autre. Je ne suis pas provoqué

(1) L. 16, D , De injuste et rupfo testamente.

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