‹ Des donations entre-vifs et des testamentsChapitre 206 sur 371 · CHAPITRE I (art · texte numérisé non relu

CHAPITRE I (art

à prendre auprès d'un mentor désigné. Sera-t-il permis à ce jeune libertin de mépriser cette loi testamentaire et de se mariera sa tète, sans même consulter son conseil? Je reconnais tant qu'on voudra que si le tiers dans lequel le testateur a placé sa confiance, le trahit en montrant un mauvais vouloir, l'héritier restera dans sa pleine liberté. Il y rentrera aussi, si le mentor vient à prédécéder; il y rentrera même si, après l'avoir entendu dans ses avertissements, il persiste dans un autre projet. Mais que le légataire se livre à un caprice désordonné, sans même informer de sa résolution cet ami de son bienfaiteur et le sien; qu'il affecte de se marier hors de toute convenance, et en l'absence de tout conseil, voilà ce que je n'admettrais pas. Il devait avant tout consulter l'homme sage à qui la prudence du testateur l'avait adressé. Peut-être ce conseil aurait-il prévenu une union honteuse et malheureuse. Je ne dis pas, je le répète, qu'il fût lié par le conseil. En pareille matière, il n'y a que la persuasion qui puisse agir, et le consentement d'un étranger ne saurait avoir la même vertu que le consentement paternel. Mais, du moins, il devait prendre ce conseil , il est coupable de l'avoir dédaigné par une prétention abusive.

Ce tempérament est très-bien enseigné par Mantica, d'après Paul de Castro et autres jurisconsultes éminents (1), qui font observer que les conseils des parents et des amis sont une chose utile dans les mariages, et que loin de voir dans cette obligation imposée par le testateur quelque chose de contraire à la liberté et à la nature, il faut y voir un précepte en tout conforme à la prudence et même à l'usage des hommes sages (2).

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