‹ Des donations entre-vifs et des testamentsChapitre 26 sur 371 · PREFACE. L\1II · texte numérisé non relu

PREFACE. L\1II

veau point de vue. la loi Voconia se trouvait impuissante.

Verres ayant voulu adopter une autre jurisprudence, fut stigmatisé par Cicéron 1 ;. P. Annius Asellus avait cessé de vivre pendant la préture de C. Sacerdos. prédécesseur de Verres: il avait une fille unique et n'était pas inscrit sur le rôle des censeurs. Ce père affectionné, obéissant au sentiment de la nature (2) et croyant n'enfreindre aucune loi, avait institué cette fille pour son héritière 3 . La jeune fille avait pour elle l'équité, la volonté de son père, les ordonnances des préteurs, la jurisprudence constamment suivie jusqu'au décès d Asellus, Mais Verres n'était pas homme à s'arrêter devant ces barrières respectables. !l sut qu Asellus avait institué en second ordre L. Annius; il le fit venir, et tandis qu il excitait sa convoitise et préparait les éléments d'un procès, il faisait faire aux tuteurs de la jeune fille des propositions pour assoupir l'affaire moyennant une grosse somme qui lui serait payée. Ce traité honteux fut repoussé par les tuteurs qui n'auraient su à quel titre expliquer légalement une telle dépense, dans leur compte de gestion. Verres ne craignit pas alors d'appliquer la loi > oconia à un cas auquel elle n'était pas applicable. Il s'inquiéta peu qu' Asellus ne fut pas inscrit sur les registres du cens; et foulant aux pieds la volonté du défunt, les lois de la nature, l'équité,

(1) In V( rr< m. act. 1, lib. 1, n° i\ .

(2) « Emn natura hortabatur. »

(3) « Utfiliam bonis suit hoeredem instituent, »

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les précédents, le texte même de la loi Voconia, il adjugea la succession à celui qui avait promis de lui en tenir compte. Les paroles par lesquelles Cicéron flétrit cette prévarication, sont admirables surtout par l'hommage qu'elles rendent au droit des filles et par la consécration du devoir des pères envers elles. Du reste, pour mieux accabler Verres, il lui rappelle qu'une certaine Ànnia, femme très-riche en argent comptant [peciiniusa millier >, mais dont les biens n'avaient pas été compris dans le cens, avait institué sa fille, de l'avis de tous ses parents de miiltorum propinquorum senlentia, (1). Entre autres témoignages de l'opinion publique, il lui oppose cette preuve éclatante d'une pratique équitable, audacieusement méconnue par sa jurisprudence arbitraire.

Le mo\en tiré de la non-inscription sur le cens n'était pas le seul;, il y en avait un autre beaucoup plus fréquent et qui porta les plus rudes atteintes à la loi Voconia. Ce fut l'usage des fidéieommis : on chargeait l'héritier apparent de rendre l'héritage à la (ille ou à 1 épouse déshéritée, et le sentiment public honorait ceux qui, fidèles à la volonté suprême dont ils étaient dépositaires, préféraient l'accomplissement de leur promesse à l'observation dune loi odieuse. P. Sexlilius Rufus, héritier apparent de O. Fadius Gallus, avait reçu du testateur la prière de remettre sa succession à sa îiile Fadia. Rufus nia l'existence de ce mandat verbal, et par là il devint le maître d'un immense héritage. Mais, dit Cicéron, s'il

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