PRÉFACE. LXV
eût suivi lavis de ceux qui placent l'honnêteté et la vertu avant l'intérêt, il n'en aurait pas retenu un sesterce (1). Telle ne fut pas la conduite de Sextus Péducéus. Un chevalier romain, C. Plotius, lui avait transmis son héritage sans condition connue. Que fait-il? il se présente chez la veuve qui ignorait tout; il lui révèle les dernières volontés de son mari et remet l'héritage entre ses mains (2). Aussi Péducéus est-il loué par Cicéron comme un modèle de justice et de probité, comme un de ces hommes honnêtes qui sentent la force de la loi naturelle, qui prennent pour guide le devoir et non le lucre, et qui obéissent à la droite nature et non à une raison dépravée (3). La loi Yoconia avait un second chapitre. Elle portait que le légataire ne pourrait jamais avoir plus que la portion de l'héritier institué (4). C'était un autre coup porté à la capacité des femmes. En effet, si le testateur eût voulu user du droit absolu de faire des legs consacré par les Douze-Tables, il aurait pu faire arriver à sa fille ou à sa femme par la voie du legs ce dont il ne pouvait l'investir à titre d'héritière (5). 11 fallait donc lui fermer cette voie, et c'est ce que fit la loi Yoconia avec son habileté hostile. On serait tenté de croire, en s'en tenant à la généralité du texte, que cette seconde disposition obéissait
(<) Deftiibu*, ï, 47.
(2) là. 28.
(3) « ]\'o7i voluptatem sed officium sequi, plusque rectum naturam quam » rationem pravam colère. » (hoc. cit.)
(4) Cicéron, In Yenem, art. 2. lit». I, c. Mi. Caïr^. i, connu. 226. (5) Justimen, Instit., itcle<j. Falcid.