LXX PRÉFACE
capacité pour un dixième. Deux enfants décédés après cette époque rendaient capable de recevoir deux dixièmes (1). Si trois enfants étaient prédécédés, les époux avaient pleine capacité pour se donner par testament tout leur avoir (2) ; il en était de même s'ils avaient perdu un fils de onze ans ou une fille de douze ans, ou s'ils avaient obtenu \ejus liberorum (3). D'autres cas étaient encore prévus. Il est inutile de les énumérer (4). Nous en avons assez dit pour montrer combien la loi Yoconia avait reçu d'atteintes par les lois décimaires. Nous ne mentionnerons qu'une disposition particulière qui autorisait les époux, bien qu'ils n'eussent pas d'enfants, à se donner, outre le dixième attribué au mariage, matrimonii nomine, l'usufruit du tiers de leurs biens (5). C'était un nouvel encouragement donné au mariage, et cette combinaison rentrait autant dans les prévisions naturelles des époux pour assurer leur avenir, que dans les conceptions politiques d'Auguste,
Ici se présente une anecdocte dont l'éclaircissement , quoique difficile, nous fera pénétrer plus avant dans notre sujet. .
J'ai dit, dans l'Influence du christianisme sur le droit romain, qu'Auguste ayant voulu laisser le tiers de ses biens à Livie, son épouse, mère de deux
(1) Ulpien, Frag., t. XV et t. XVI, n° 1 .
(2) Ulpien, loc. cit.
(3) Heineccius, loc. cit., 2, 15, n° 8.
(4) Ulpien, t. XVI. Heineccius a savamment parcouru tous les cas et expliqué les textesj 2, 14 et 15.
(5) Ulpien, loc. cit., t. XV. L. 10, D., De prœscrip. verbis. L. 48, D., Deusuf. Cujas. observât. 10, 17. Heineccius, 2, 14, n° 5.