‹ Des donations entre-vifs et des testamentsChapitre 37 sur 371 · LXXXII PREFACE · texte numérisé non relu

LXXXII PREFACE

invasions viiirent modifier la marche de l'huma ni le et changer la face de la civilisation.

Tacite nous apprend que les Germains ignoraient entièrement l'usage du testament (I). Ce fait, mis en doute par des savants allemands que réfute Heineccius (2), s'explique de la manière la plus claire par la constitution de la propriété chez ces peuples presque barbares, llsn avaient en effet, ni champs limités, ni terres appropriées. « Xeque quisquam, dit César, aç/ri » modum crrtum aut fines habct proprios 3 : » et c'est aussi ceque raconte Tacite i. Tous les ans ils changeaient de lieux afin de ne pas oublier pour les occupations champêtres les durs travaux de la guerre, et pour maintenir parmi eux la paix intérieure, qui est presque toujours la suite de possessions suffisamment égales (.') ;. Les magistrats faisaient annuellement aux familles des assignations suivant leur rang (6), et toujours la terre était plus grande que les besoins 7 .

Cette vie pastorale et errante était ausssi celte des Scythes 8 . Tous les peuples septentrionaux n'avaient notion que de la propriété mobilière; c'est

(1) De morib. Germanprum, g £0.

(2) Dans sa disserlationsnr le droit de tester d'après les lois germanique. Voy. auisi le même, Elementa juris germanki, lib . 2. t. VI, § 142.

(3) De bello gallico, VI. 22.

(4) Germania, § 26.

(5) César, toc. cit.

»6) Secutidtim dignationem (Tacite, Germania, 26).

(1) ld.

(8) <( Hominibus intet se nulli fines; neque enfin agrum exercent, nec doit mus illis "lia. aut tectum, aut sedex est, armenta et pérora semper pas i n- » tibus et per i7icultas solitudines errare solitis. » (Justia., 2, 2.)

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pourquoi, par exemple, ils punissaient le vol des troupeaux (1 ). Mais au milieu de leurs immenses solitudes, la propriété foncière n'était pas dans leurs besoins et leurs mœurs (2). Or, un tel état social étant donné, la succession légitime (3) devait seule suffire aux intérêts de la famille (4).

Mais après que les Germains se furent répandus dans les Gaules, ils y fixèrent leurs demeures, et devenuspropriétaireSjils adoptèrent bientôt 1 usagedutestament partout établi sous l'empire du droit romain. C'est ce que prouvent les lois des Wisigoths ,o'i. des Ostrogoths (6), des Burgondes (7), les formules (8) et les faits de l'histoire (9). Dagobert Ier. en présence de ses fils et des grands de son roxaume. déclara qu'il axait fait un testament par lequel il léguait ses biens propres aux basiliques des saints, fondées de son temps dans ses Etats ; il en lit tirer quatre exemplaires, dont un fut déposé à Lyon, un autre à Paris dans les archives de la Cathédrale, un troisième à

(1) Justin, loc. cit.

(2) Animien Marcellin, lib. 31, § 2. Voy. ce qu'il dit des Huns pi des Mains.

(3) Tacite, loc. cit.

(4) Puffendoriî, IV, cli. M, § 18. Heineccius, loc. cit., § 9, et Eléments jiiris germunici, lib. 2, t. VI, § 145.

(5) Lib. 2, t. V, § '12. Formules, wisigotbiques publiées par M. île Rozièr» (1854), c. 21, 22, 26.

(6) Rdict. Theodorki, § 28 .

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