LXXX.M PREFACE
bert (1 , de Pépin (2), de Charles-Martel (3), deCharlemagne(4), de Louis le Débonnaire (5), etc., etc. 6 . Les domaines des princes et des seigneurs étaient d'une vaste étendue; ces domaines offraient de profondes solitudes où la population était très-rare et où la culture avait à peine pénétré. Les possesseurs de ces richesses stériles, tout en sauvant leur àme. faisaient faire un incontestable progrès à l'économie sociale, en les livrant aux mains laborieuses et fé-
(1) Sismondi, t. II, p. 53, ans 636, 638.
(2) Ans 752, 755, 768, Sismondi, t. Il, p. 191 et p. 216.
(3) Id., t. II, p. 150.
(4) An 774, Sismondi, t. II; p. 245.
(5) ld., t. II, p. 245.
(6) Dans les actes rapportés par domCalmel, a l'appui de son Histoire de Lorraine, il y a un nombre infini de donationsà des monastères et des églises depuis le vu* siècle jusqu'au xne siècle. Les actes que nous avons cités à la. note 7 de la page lxxxiv ne contiennent que des dispositions de ce genre. Indépendamment des actes de donation rapportés in extenso, il y a des chartes par lesquelles un seigneur (acte de Thierry, lue de Lorraine, relatif à l'abbaye de Sl-Dié, en 4114, t. II des Preuves, p. 297), ou un évêque (acte de J'évêque de Metz relatif à l'abbaye de Longeville, en 1421, t. II, p. 265), ou un pape (bulle du pape Adrien IV relative à l'abbaye de Saint-Mansuy, en 1154, t. Il, (p. 346) confirme toutes les donations faites ù un établissement religieux, et où sont relatées sommairement les donations dont cet établissement a été gratifié. Les biens donnés sont de toute nature : ce sont parfois des dîmes à prélever ; ce sont le plus souvent des villages, des territoires entiers cum mansis, pratis, sylvis, pascuis, aquis, mancipiis, œdificiis. J'ai cité, dans la préface de mon Commentaire du Louage, la donation faite par Childéric II à saint Dié, fondateur de la petite ville de ce nom dans les Vosges : elle embrassait dix-huit à vingt lieues de circonférence (Calmet, tSotice de Lorraine, v° Saint-Dié).
La forme de ces donations est presque toujours la même. Le motif exprimé est celui-ci : « Pro animœ meœ remedio et œterna retribut ione. » Les préceptes des livres saints sont rappelés : « Date et dabitur vobis. Facitc elee- » mosynam et ecce omnia munda su/ni vobis. Vendite quœ possidetis et date » pauperibus, et habebiti* thesmrum in cœh. »
PRÉFACE. LXXXVU
condes des monastères et des gens d'église. On dit vulgairement en droit : donare est perdere. Mais jamais donations n'eurent plus d utilité et ne furent plus profitables que celles qui remplissent la vie des puissants donateurs de cette époque. Je reconnais cependant que quelquefois ces donations furent des sujets de froissement dans les familles. Par exemple, je trouve qu'en 889 un clerc nomme lîeldrade, fut obligé de sortir du diocèse de Metz pour éviter la persécution de ses parents, qui l'inquiétaient parce qu'il avait donné ses biens à l'Eglise 1 . Heldrade. recommandé à l'évèque de Tours par Robert, évèque de Metz, reçut du premier les ordres et l'hospitalité. Indépendamment des donations entre-vifs et des testaments, les Germains faisaient un usage fréquent des pactes de succession. Odieux dans la législation romaine, ces pactes étaient très-populaires dans les familles germaniques. Le fameux traité d Andelot en offre un exemple 2 , et le droit de pactiser solennellement sur les successions futures est écrit dans les lois barbares [3 . li est probable que ce droit était antérieur à la conquête, et qu'il s'était développé sur la terre de 'Germanie depuis César et Tacite (4).
(1) Calmet (édit. de 1728, t. I, p. $r>).
(2) Grégoire de Tours, liv. 9 (t. 2, p. 30, trad. do M. Guizot.)
(3) Lex Salica, t. XLIX. Lex Iiipuar., 48. Lex Wisigoth., 5, 2, 6. Lex Burguni.i 43, I, et 60, !.
(4) On voit fréquemment intervenir, dans des actes de donation, les fils du donateur, qui approuvent la disposition et renoncent à la critiquer. Voyez la donation faite par Godefroid, duc de Lorraine,' au monastère de Florine, en 105o, confirmantibus uxore sua filioqiie svo (Preuves de Yffittoire de Lor-