PRÉFACE. CXXI
damnée au nom de la raison et du droit naturel. Ce sera notre point de départ pour défendre le droit de tester contre ses adversaires, et nous croyons que notre démonstration sera victorieuse.
Nous ne prétendons pas dire que ce droit du père de famille n'entraîne pas à sa suite quelques abus. Tout ce qui est de l'homme na-t-il pas des faiblesses? Labruvère a mis en lumière les procès, les discordes, les mécomptes qu'engendre souvent le testament.
« S'il n'y avait point de testaments pour régler le droit des héritiers, je ne sais si l'on aurait besoin de tribunaux pour régier les différends des hommes. Les juges seraient presque réduits à la triste fonction d'envoyer au gibet les voleurs et les incendiaires. Qui voit-on dans les lanternes des chambres, au parquet, à la porte, ou dans la salle du magistrat? Les héritiers ah intestat'.'' Aon, les lois ont pourvu à leurs partages : on y voit les testamentaires qui plaident en explication d'une clause ou d'un article ; les personnes exhéredées ; ceux qui se plaignent d'un testament fait avec loisir, avec maturité, par un homme grave, habile, consciencieux, et qui a été aidé d'un bon conseil ; d'un acte où le praticien n'a rien omis de son jargon et de ses finesses ordinaires. Il est signé du testateur et des témoins publics, il est paraphé; et c'est en cet état qu'il est déclaré nul.
» Titius assiste à la lecture d'un testament avec dès yeux rouges et humides, et le cœur serré de la perte de celui dont il espère recueillir la succession :