‹ Des donations entre-vifs et des testamentsChapitre 52 sur 371 · CXX1I PREFACE · texte numérisé non relu

CXX1I PREFACE

un article lui donne la charge, un autre les rentes de ville, un troisième le rend maître d'une terre à la campagne. Il y a une clause qui, bien entendue, lui accorde une maison située au milieu de Paris, comme elle se trouve, et avec les meubles ; son affliction augmente, les larmes lui coulent des yeux : le moyen de les contenir? Il se voit officier, logé aux champs et à la ville, meublé de même; il se voit une bonne table et un carrosse. Y avait-il au monde un plus honnête homme que le défunt, un meilleur homme? Il y a un codicille, il faut le lire.: il fait Mœvius légataire universel, et il renvoie Titius dans son faubourg, sans rentes, sans titre et le met à pied. Il essuie ses larmes : c'est à Mœvius à s'affliger » (1).

Ces tableaux sont piquants. Un moraliste qui peint des caractères est maître de choisir son sujet et de donner la préférence à l'esquisse des travers et des ridicules de 1 homme pour mieux amuser ses lecteurs. Mais le magistrat, auprès duquel le bien aboutit comme le mal, étudie sous un aspect plus général et plus complet la lutte des intérêts humains, et son impartialité sait tenir compte du bon coté des institutions. J'ai vu bien des testaments bizarres; depuis les lois romaines jusqu'à nos jours la matière ne manque pas. L'un veut que son héritier porte sur ses épaules son cadavre frotté d'huile (2) , l'autre que ses restes soient jetés à la mer (3) : celui-ci que son corps soit suivi par vingt-quatre pauvres habillés de ses nippes,

(1) Caractères,, eh. 14, De quelques usages.

(2) In f ni, n° 2I8.

(3) Infra, n°s 2I8 et 223.

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