PRÉFACE. XXI
ments grecs qui nous sont restés Je crois qu on lira avec plaisir celui d'Aristote (1).
Pour le bien comprendre, il faut savoir qu'Aristote était depuis assez longtemps veuf de Pythias, sœur ou nièce de l'eunuque Ilermias, tyran d'Atarné, son ami (2). Il en avait eu une fille nommée Pythias comme sa mère. Après la perte de cette épouse, qu'il chérissait, et à laquelle il donna d'éclatants regrets, il eut pour concubine Herpilis de Stagire, dont il eut un fils naturel nommé Nicomaque (3). Les enfants naturels, n'étant pas dans la famille, d'après les lois athéniennes, ne pouvaient succéder ni aux biens, ni aux sacrifices et autres cérémonies religieuses (4), Mais Aristote, tout en traitant sa fille avec les honneurs dus à la légitimité, donne des preuves de sa tendre sollicitude pour Herpilis et pour Nicomaque et leur assure un sort. ISous remarquerons en passant que le concubinage n'était pas flétri à Athènes, comme il l'est avec raison dans les mœurs chrétiennes ; la monogamie n'y était même pas scrupuleusement observée, et Socrate contracta, assure-t-on? un double mariage en vertu d'une loi portée pour repeupler l'Attique épuisée d'hommes (•> .
(1) Je place ce testament parmi les testaments athéniens, quoique Aristote fût de Stagire, en Macédoine ; mais il avait vécu trop longtemps à Athènes pour n'être pas Athénien par les idées. Il fut chargé de donner des lois à Stagire. Quelles autres lois civiles lui aurait-il données, si ce n'est celles d'Athènes? On les trouve du reste dans son testament.
(2) Sa vie, par Diogène Laërce , V, 1, 41, 12 et sniv.
(3) Diogène Laërce , /or. cit.
(4) Isée, pour la succession de Philoclémon.
(5) Diogène Laërce, Vie âe Socrate. L'une des femmes do ce philosophe