Nous ne terminerons pas celte dissertation sans jeter
(I) Non servala fides, cineri proinissa Sydiœo ! .Eueid., lib. 4. v. 553. [i>) Ju.-le Lipse, lib. 6, De Crue:, préface, dit élégaotaieat) d'après Quiuiilien : Solatium fati est loluntas ultra fatum. l3) L. \, c. Desacr. Ecclesiis.
I liccl,, 308.
un coup d'œil sur la manière dont le droit de tester fut envisagé à l'Assemblée constituante en 1791 (1).
Mirabeau était sur son lit de mort, lorsque TAssemblée discutait et décrétait l'égalité des partages des successions entre enfants. Il avait médité cette question par une sorte de retour sur sa propre histoire ; les rigueurs paternelles l'avaient conduit à rechercher les fondements du droit d'exhérédalion. Il mourut sans avoir pu porter à la tribune son opinion, toujours si puissante sur l'Assemblée constituante. Mais son discours était écrit, et Talleyrand vint lire, au milieu de l'émotion et des applaudissements, cette dernière parole, ce dernier soupir du grand orateur (2). Je doute que ce morceau produise la même impression sur les lecteurs d'aujourd'hui, surtout si l'on se rappelle les paroles cyniques qu'il laissa échapper en remettant son manuscrit à M. de Talleyrand : « Il sera plaisant d'entendre parler contre les testa- » ments an homme qui itest plus et qui vient de faire le » sien (5). » Ainsi cet homme qui s'était joué de tant de choses, se moquait encore, à son lit de mort, de son sujet, de son public et de ses propres dispositions. Du reste, Mirabeau avait, ainsi que je l'ai dit ailleurs (i), les idées 4es plus fausses sur l'origine de la propriété; il ne pouvait en avoir de justes sur l'origine des testaments. Il ne fait donc que reproduire, avec un certain éclat, les lieux communs de Bynckershoeck et autres jurisconsultes, qui, à la tin du dix-huitiemè siècle, infectèrent de leurs sophismes imprudents l'école, le barreau et la philosophie du droit.
Mirabeau commence par quelques phrases d'indulgence pour les juristes qui ont cru que le testament appartient au
(I) Hist. parlementaire, l IX, p. 283 etsuiv.
\1) Idem, 1. IX, p. 285, expressions de Talleyrarul.
(3) M. Thicrs, Révolution française, t. I, p. 302.
li-j Mo:) Petit Traité de la Propriété} chap. 28, p. 113 el I I i.