‹ Des droits de successionChapitre 29 sur 112 · EPOQUE GERMANIQUE · texte numérisé non relu

EPOQUE GERMANIQUE

76. — A la domination romaine succéda en Gaule la puissance germanique. Avant de mettre en présence ces deux civilisations, nous devons dire quelques mots de la constitution de la famille chez les Germains et de la situation qui y était faite au moment des invasions à l'époux survivant.

La base de la famille germanique, c’est le mundium, sorte de tutelle conférant une autorité spéciale sur la personne et sur les biens. Pendant toute sa vie, la femme germaine était soumise à cette puissance tutélaire. Avant le mariage, le mundium appartenait au père ou au plus proche parent mâle. Après le mariage, il passait au mari, moyennant un certain prix « Mundgeld> payé aux parents de la femme. Comme la manus à l’origine de Rome, le mundium était la suite nécessaire et obligée du mariage ; mais à la différence de ce qui se passait à Rome, le patrimoine de l’épouse n’était pas entièrement absorbé par celui du mari. La femme restait propriétaire de ses immeubles dont le mari n’avait que l'administration et dont il ne pouvait disposer sans son consentement (Kœnigswarter, Revue de législ. et de jurisp., 1843.)

Outre le prix du snundium qu'il payait aux parents de son épouse, le mari faisait habituellement à cette dernière une libéralité modique comme prix de sa virginité. C'était le morgengabe ou présent du matin ainsi nommé parce qu'il n'était acquis à la femme que le lendemain de ses noces. À la différence du mundgeld, le morgengabe n'avait aucun caractère obligatoire : le mari pouvait lui donner l'importance qu'il voulait ou même s’en affranchir entièrement.

La femme offrait de son côté quelques présents à son mari. Tacite nous apprend que de son temps l'apport de la femme consistait en armes ou en objets analogues (Germania, XVIII.)

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