DE L ANGÂHIE ET DE L EMBARGO
La plupart des publicistes ont confondu l'angarie et l'embargo". Ces deux actes sont cependant essenliellemenl différents. L'angarie est le fait, par un souverain terriloriaJ, de | retenir tous les navires nationaux et étrangers qui se trouvenl dans le port ou la rade, pour les employer, môme par force, en payant un fret fixé à l'avance, à des transports de troupes, de vivres, de munitions ou autres, dans son propre iiitérfl. L'embargo est la défense de laisser sortir les bâtiments qui trouvent dans les ports et rades, mais sans leur imposer aui service actif. Ce plus souvent, l'embargo ne frappe que les navires d'une seule nation ; dans ce cas, il est employé coraiw mesure de représailles; on le prononce avant l'ouverture hostilités régulières entre deux nations qui ne sont pas eni en guerre ouverte, mais qui ont entre elles des discussions graves pour faire croire à une rupture très-prochaine. Ilf^ nécessaire d'examiner séparément ces deux actes, que presquf
' Voyez Vinnius ad Peckium, De naribus non exexu.; Stypmannut, "ift mariliinum AnseaUcum, pars V, caji. i, n* 3i; Loccenius, De Jure matit., iH cap.'V, j! 3; Targa, De }}onderaziiinc marittime, cap. lxxiii; Galiani, De' liiifi de' princijti neuiraii, laji. x, i 5, art. 4. Massé a Iraciîavec soin la dilTércoM^ existe entre ces deux [trpifnilus droits, et aussi avec rariot de ce prince.
TITRE XIV. — DE l'AMGARIE ET DE l'eHBARGO. 397
tous les publicistes considèrent comme des droits afférents au souverain du port; et de détruire, autant que je le pourrai, un préjugé aussi contraire aux saines doctrines qu'à l'indépendance des peuples neutres.