PARTIE II. — DYSPEPSIES HABITUELLES
cas, je dois le dire, eonsti tuent des exceptions peu nombreuses. Ces médicaments sont administrés autant de fois que le malade fait de petits repas, deux à quatre fois le jour en général, et à doses telles que, dans le principe, la quantité totale ne dépasse pas deux à cinq centigrammes d'extrait tl^ébaîque €n yingt^jualre heures; Mais il ne faut pas hésiter à élever, même rapidement, ces doses, lorsque la résistance et la violence des douleurs le demandent et que l'absence de tout inconvénient produit par les narcotiques le permet. Je n'ai pas craint, dans cette maladie, de prescrire graduellement jusqu'à quinze et trente centigrammes de ces remèdes, et plus encore, en vingt*quatre heures, et je dois ajouter que, dans les formelles plus intenses de la dyspepsie gastralgique, ce n'a été., chez quelques sujets, qu'en m'élevant à ces doses que j'ai vu le mal être enrayé, les crampes d'estomac perdre de leur acuité et de leur fréquence, et la maladie marcher vers.une heureuse terminaison.
Dans les cas où l'extrême irritabilité de l'estomac a été précédée des signes d'une grande et réelle fai-^ ble$se et des circonstances qui devaient l'expliquer, on se trouve bien quelquefois, après avoir etnployé, pendant un certain nombre de jours, l'opium seul, de l'associer aux extraits amers, de quinquina ou de gentiane. Il faut alors apporter une^attention spé-^ ciale à constater le double effet des amers et des
Dat*cotiques, savoir : que l'effet calmant n'est pas diminué, et que Faction digestive des amers se montre à un degré appréciable.
Dans les cas où la dyspepsie gastralgique est accompagnée de constipation, l'addition d*une petite doi^e de calomel ou de rhubarbe a paru indiquée à la fois pour favoriser les selles, et aussf pour combattre la tendance aux vomissements, qui n'est pas très-rare dans cette forme de dyspepsie.
§ 2. — Dyspepsie entéralg^iqne.
Si les douleurs aiguës qui lui donnent sa forme particulière portent sur les intestins au lieu de porter sur l'estomac, elles apparaissent, • en général, plus longtemps après l'ingestion de^ aliments. Il convient, en conséquence, d'administrer les narcotiques plus de temps avant le repas, deux à trois heures par exemple, pour avoir plus de chances qu'ils atteindront le point des intestins qui est le siège des douleurs, avant que les aliments y parviennent. Si les selles sont molles,, il est généralement bon, dans la dyspepsie entéralgique, d'administrer les narcotiques simultanément par les voies inférieures et supérieures.
Lorsque ces grandes douleurs stomacales ou iittestinales n'apparaissent qu'irrégulièrement, et que rien, dès lors, n'annonce leur prochaine apparition.