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CHAPITRE NEUVIÈME

m LA CONVALESCENCE.

Les sujets qui ont été dyspeptiques sont très-enclins, quand ils sont rétablis à l'aide d'un régime plus ou moins sévère et de privations prolongées, à revenir prématurément aux habitudes de la santé, à se permettre les aliments qui leur ont été défendus, à les prendre dans une quantité qui leur est encore interdite.

De là, la nécessité de leur inspirer une crainte salutaire, inilium sapientiœ^ pour les préserver de rechutes inévitables. Ils doivent savoir qu'à la suite de cette maladie, les organes digestifs conservent, pendant un temps plus ou moins long, une faiblesse, une susceptibilité très-prononcées; que des écarts de régime, même très-légers, beaucoup moindres que ceux qui ont produit l'affection première, suffiraient pour la reproduire, généralement plus tn^ tense et plus opiniâtre.

Il ne faudrait pas conclure de ces paroles que le sujet guéri d'une dyspepsie devra vivre indéfiniment, comme s'il était incessamment sous la menace d'une

rechute et imiter l'exemple de Cornaro, qui, après son rétablissement; continua pendant plus de cinquante ans à ne prendre chaque jour que ses douze onces d'aliments et ses quatorze onces de vin. On peut se demander si Cornaro, plus effrayé peut-être que de raison, de l'essai infructueux qu'il fit une seule fois d'augmenter d'un sixième la quantité de ses aliments, n'aurait pas pu, en renouvelant à des intervalles convenables des essais analogues, en obtenir de bons résultats et finir par se rapprocher de l'alimentation commune. Il ne le fit pas; et, en considérant ce qu'il conserva de vigueur physique et intellectuelle jusqu'à l'âge de quatre-vingt-dix ans et au delà, en persistant dans le régime auquel il devait sa santé et qui suffisait, comme nous l'avons vu,' à soutenir ses forces daiis un état complètement sdiisfaisant, on doit se demander si l'on serait fondé à blâmer sa résolution. 11 serait hasardeux de prétendre qu'il eut tdrt. Peut-être, par suite de la vie in" tempérante qu'il avait menée jusqu'à trente-cinq ou quarante ans, son estomac était^il resté' ddns un état de débilité acquise , analogue par son opiniâtreté à la débilité congénitale, qui n'aurait pas^* permis qu'il revînt à la vie commune. Mais, en dehors de ces faits tout exceptionnels, la plupart des individus qui ont été atteints de dyspepsie^ (meuvent et doivent chercher d'une manière graduée, à un seul repas d'abord et à quelques jours d'intervalle, sous la sur-

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