‹ Des dyspepsiesChapitre 117 sur 122 · PARTIE II. DTSPBP81E8 HABITUELLES · texte numérisé non relu

PARTIE II. DTSPBP81E8 HABITUELLES

veillance de leur médecin, à modérer la sévérité dp régime qui leur avait été imposé, varier un peu leurs aliments, en augmenter méthodiquement la quantité, sans jamais cesser d'observer l'ensemble des autres conditions hygiéniques nécessaires aux bonnes di-* gestions, et surtout en évitant de retomber dans les infractions qui avaient déternjiné le premier développement du mal. C'est le cas de leur rappeler en particulier combien il leur importe de prendre leurs repas à des heures fixes, à des intervalles proportionnés à la force des organes digestifs, de bien macher et de bien insaliver les aliments, de s'abstenir de ceux qu'ils avaient reconnu être antipathiques à leur estomac, de faire journellement un exercice suffisant, de s'abstenir de toute application sérieuse de l'esprit dans les heures qui suivent les repas, d'adopter une vie active , de se créer, s'ils n'en ont pas, des occupations physiques et intellectuelles; d'en chercher aussi qui satisfassent aux b^oins du cœur. Avec ces conditions, ils doivent conserver l'espoir de rentrer dans la vie commune des gens sobres; car, pour imiter celle des gens intempérants, sous quelque rapport que ce soil, ils ne doivent pas y prétendre.

Pour éviter plus facilement, plus sûrement, avec moins d'efibrts, le danger de succomber aux tentations, il convient qu'ils se soustraient aux occasions qui les provoquent, comme les dinersoii lenombredes

mets et des convives, l'animation qui en résulte pour chacun, exposent les dyspeptiques à de périlleuses épreuves, particulièrement lorsque ces épreuves se répèlent à de courts intervalles. Un écart unique et rare de régime se supporte encore ; mais des écarts répétés entraînent inévitablement le retour du mal premier, avec des conditions plus graves et des difficultés plus grandes pour en triompher.

Je terminerai ces observations, sur les précautions que réclame la convalescence, en citant le mot d'un individu complètement rétabli depuis près d'un an. Il me disait avec une naïveté singulière : « Je vais bien , je ne souffre plus, j'ai repris mes forces et

mon entrain; mais toutes les fois que je mange

tropy cela me fait mal. » Il aurait voulu pouvoir manger trop, sans, en ressentir aucune incommodité. On peut voir dans cette réponse comhien est grande la tendance des convalescents à nretomber dans les écarts de régime qui ont occasionné leur maladie, et de quelle surveillance ils doivent être entourés.

J'ai cm devoir^ contre l'usage, joindre à ce livre un résumé succinct de ce qu'il renferme. J'ai eu pour motif d'épargner le temps des praticiens, qui trouveront ainsi, dans un petit nombre de pages, ce qu'il y a de plus important dans le livre entier, et dans une lecture, d'une heure au plus, ce qui, au milieu des occupations impérieuses de leur profession, réclamerait un temps beaucoup plus long. Je dois ajouter cependant que les faits nombreux qui forment à la fois la base et l'intérêt de cet ouvrage, ne se trouvent pas dans ce résumé, et que, dès lors, il ne peut suppléer que très-imr parfaitement à la lecture du livre entier.

Les dyspepsies ont été peu étudiées dans ce siè-

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cle : tandis que les efforts de la plupart des médecins étaient entraînés vers l'étude des maladies dontl'anatomie pathologique devait éclairer le siège et la nature, les autres maladies étaient négligées, et leur histoire a fait peu de progrès.

C'est cette espèce de délaissement d'un ordre entier de maladies qui nous a conduit à faire de quelques-unes d'entre elles l'objet de nos recherches , et parmi elles des dyspepsies en particulier.

Mais ce motif n'a pas été le seul : les. dyspepsies sont au nombre des maladies les plus fréquentes; elles sont le plus souvent susceptibles de guérison complète, ou tout au moins d'un grand soulagement. Reconnaissant presque toujours pour cause des infractions à l'hygiène, on trouve dans l'étude de leur développement, de leur marche, de leurs eiacerbations et de leurs rémissions, de leur traitement, un enchaînement rationnel de faits que présente rarement l'histoire des autres maladies.

Pour bien limiter notre sujet, nous le bornons aux dyspepsies essetitielles, c'est-à-dire à celles qui ne sont ni les symptômes ni l'effet sympathique d'aucune autre maladie appréciable chez l'individu qui digère mal. Nous avons ainsi mis en dehors

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toutes les affections matérielles, phlegmasies ou lésions organiques dont les organes digestifs, et ceux qui leur sont unis par les liens de la sympathie, seraient le siège. C'est dire que nos dyspepsies sont tout à fait distinctes des gastrites de Broussais, qui confondait dans un même groupe toutes les affections dans lesquelles les fonctions digestives étaient troublées, les dyspepsies seules exceptées, puisqu'il n'en admettait pas.

Nos dyspepsies ne forment qu'un groupe de maladies bien définies et bien limitées.

Nous les avons partagées en deux grandes divi« sions : les dyspepsies accidentelles et les dyspepsies habituelles. Les premières, dues généralement à des causes énergiques, mais qui n'agissent que passagèrement, ont une durée courte ; elles sont connues sous le nom dUndigestiom ; ce sont des indispositions plutôt que des maladies. Les secondes, ducs également à des infractions dans le régime, moins graves, mais journalières, durent souvent longtemps et constituent de véritables maladies* Nous avons dû être très-court sur les premières, qui ne formeift qu'un appendice aux secondes; celles-ci forment le véritable sujet de ce livre et exigent un développement proportionnel à leur importance.

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