PARTIE II. -^ DTCHkPSK» HABITUELLES. idi
èBt notre manière de voir; ou comme deux maladies tout à fait dk^tinctes Tune de l'autre, iln^eftt pas rare de voir apparaître des douleurs sou^ daines^ quelquefois extrêmement vives^ soit (feus l'estomac^ soit dans les intestins, au moment même Ofù'les douleurs abandonnent les muscles ou les ar^ tikulatiônsi^' qui^sont comme le siège normal du rhu* màtîsme et^ de la goutte. Ces douleurs peuvent offrir, par leurt intensité, une grande ressemblance avee celles qui caractérisent les formes névralgi-^ ques des dyspepsies stomacale et intestinale : même vidence dans les douleurs, même siège apparent, même altération dans les traits, même appréhension; dans les cas les plus graves, d'un péril actuel pour la .vie, à raison de la- pâleur et du refroidissement des téguments, de l'affaiblissement du pouls, des défaillances. Mais^, dans le plus grand nombre des cas, leb coi^dilions dans lesquelles ces douleurs su^^ viennent sont différentes, aussi bien que les accî-^ dents qui les accompagnent ou les suivent. Les dout Irars dyspeptiques se montrent un temps déterminé après l'ingestion des aliments, et ce n'est que par degrés qu'elles ont acquis cette graude intebsité. Elles sont souvent suivies de vomissements, quand eiles occupent Testomae, de selles altérées d'une ma*nière quelconque, quand elles ont leur siège dans les intestins. Les douleurs rhumatismales du canal digestif surviennent, au contraire, d'une manière
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brusque ; elles offrent dès leur première apparition une violence extraordinaire : elles se montrent dans le cours d'une affection rhumatismale, le plus souvent très-aiguë elle-même, à l'instant où les douleurs abandonnent les membres ; elles ne donnent généralement lieu ni à des vomissements, ni surtout à des selles morbides : leur durée est ordinairemefat courte ; la réapparilion des douleurs extérieures coïncide fréquemment avec leur cessation. Elles ont peu de tendance à se reproduire ; elles surviennent souvent chez des individus dont les fonctions digestives n'offraient habituellement aucun trouble sérieux, ni même léger.
Le diagnostic ne présente pas la même facilité dans quelques cas de rhumatisme chronique dw canal digestif. Il faut toutefois reconnaître que chez beaucoup de rhumatisants et de goutteux, le principe de cette maladie ne se porte sur les organes digestifs que secondairement, et qu'il semble y être appelé par l'état habituel de souffrance qu'un mauvais régime ou l'abus des purgatifs ou l'absence d'exercice y entretiennent. Mais dans quelques cas aussi, sans appel de ce genre, sans aucune affection préexistante de l'estomac ou des intestins, sans trouble notable des fonctions digestives, des douleurs le plus souvent sourdes, quelquefois aiguës, surviennent graduellement, ou tout à coup, dans les viscères abdominaux, sous forme de coliques,
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de crampeSy de tortillements, occupent successivement plusieurs points du ventre. Ici encore elles paraissent, par leur mobilité même, par leur intermittence, par leur acuité, par la manière dont elles alternent avec les douleurs rhumatismales ou arthritiques des organes de la locomotion, révéler leur identité avec ces dernières, et par conséquent la cause spéciale à laquelle elles appartiennent.
J'ai observé, dans une des salles de la Clinique de THôtel-Dieu, un malade chez lequel il survint, dans le cours d'un rhumatisme articulaire aigu, des douleurs vives de l'abdomen, accompagnées de selles'dysentériques, et aussi de vomissements dans lesquels on reconnut plusieurs jours de suite des mucosités sanguinolentes par petites masses, en tout semblables à des crachats de pneumonie aiguë, bien quMl n*y eût chez ce malade aucun signe, aucun soupçon d'inflammation thoracique. C'était évidemment, non une dyspepsie, mais une phlegmasie de toute la muqueuse digestivc, avec une sécrétion visqueuse, transparente et sanguinolente de l'estomac, que je n'ai observée dans aucun autre cas. Ici l'affection rhumatismale s est portée sur l'estomac et les intestins avec un caractère inflammatoire aigu. Dans les cas plus nombreux de rhumatisme chronique ou de goutte atonique, avec métastase vers les voies digestives, l'affection se montre sans fièvre, sans phénomènes inflammatoires, et sous forme
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de douleurs d'intensité diverse, intermittentes et mobiles, comme les msdadies rhumatismales , aux-^ quelles elle appartient par sa causer Les. affections kerpéiiqueSf qui pénjètrent si souvent dans les. memri branes muqueuses, surtout,àleur point de commu-^ mieation avec la. peau, peuvent ^ussi ^se. porter mr les parties profondes de ces membranes^ daïis les voies digesUves en particulier,, et y » produire des! troubles variés, des désordresi digestifs dont.la calise est obscure et ne se révèle guère^ comme dans .les rhumatismes viscéraux, que par ie. rapprochement des phénomènes dont la peau a été te siége^ et de ceux qui apparaissent dans lîestomac et If^s intesi> tins, î
g 4. — Dla|:no«tic de la dyspepsie des liquides.
La dyspepsie des liquides a ceci de particulier que. le clapotement stomacal est commun à cette mala*» die et à certaines formes du cancer de l'estomac, au cancer du pylore surtout; mais & côté 'de ce point d'analogie , se présenteront Ae^ diffërenoes si nom* breuses et si grandes, qu'il sera presque impossible de s'y tromper. Ce serait seulement dans les cas exee{)tionnels où l'intensité et la durée. delà dys.-^ pepsie auraient déterminé, comtne nous, en avons indiqué un exemple, un dépérissement considérable, que le doute pourrait avoir lieu. Maison tenant compte à la fois de la distension de l'estomac par les