PARTIE I. — DTBPBPSIE8 ACCIDERTELUtS
accoutumée à des aliments délicats , se trouve, entraînée par caprice, ou obligée par nécessité, à user âe ces aliments grossiers, surtout en certaine quantité, les organes digestifs sont impuissants à les digérer ; ils les rejettent, par le vomissement ou par les selles , très- imparfaitement élaborés. Les hachis, les pâ>tisseries grasses et insuffisamment ^cuites, les chairs compactes, comme les rognons, les homards, les viandes trop chargées de graisse, produisent particulièrement ces effets. Chez les mêmes personnes, Tusage inaccoutumé de vins aigris, de bières ou de cidres mal préparés ou mal conservés, et en général de toute boisson mauvaise en elle-même ou détériorée, est une cause analogue de troubles digestifs. Dans la classe ouvrière, au contraire, ces boissonspeuvent, ainsi que les aliments grossiers, être prises en abondance, non pas seulement avec impunité, mais avec avantage, comme on le voit dans les campagnes où les piquettes de tous genres, l'eau vinaigrée elle-même, sont parfaitement acceptées par les organes digestifs, surtout dans les saisons chaudes, pendant le travail des moissons, etc., tandis que l'eau pure est ordinairement nuisible.
§ 8. — Indi^eatton l^ar l'insafflamuee de 1a mssUeaiion
•I de IMnsAliTBtton.
L'insuffisance de la mastication et de Tinsalivation devient facilement, chez les sujets délicats, et
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foême chez les plus robustes, si elle est portée à son degré extrême, une cause de mauvaise digestion. Les gens qu'une circonstance urgente oblige à manger précipitamment, les enfants qui ne sont pas sur- 'veillés, avaient souvent des aliments qui n'ont été ni broyés par les dents, ni mêlés à la salive, et sur lesquels les organes digestifs n'ont qu'une action imparfaite. Les morceaux de viande avalés tout entiers, et surtout les graines enveloppées de leur épiderme (haricots, pois, lentilles»), les racines à tissu compacte, les betteraves, les carottes, résistent à l'action des organes digestifs et sont rejetés quelquefois après plusieurs jours, soit par haut soit par bas, tels qu'ils ont été avalés. Les selles des enfants renferment souvent les fragments intacts de carottes. Le célèbre docteur Jear.roy, que Topinion publique plaçait, au commencement du siècle, au premier rang parmi les praticiens de Paris, m'a 'rapporté le fait d'un individu qui, après quinze jours entiers d'un embarras permanent des premières voies^ avec dégoût insurmontable pour toute espèce d'aliments, rejeta, à sa grande surprise, comme à celle de son médecin, une masse de betteraves non altérées, qu'il avait mangées précipitamment à l'époque où le mal avait commencé! Des pois secs ont été rendus entiers par les selles, après un séjour plus long encore dans les intestins.
PART» J. — PT8PEPSIES AGGIDBiniSLLKS; 21
§ 4. — IndlipettioD pitr le rapproehentent de plntlenrs repa«9 •■rtont B^llt «ont eoplenz.
Une cause de tout autre ordre vient souvent porter le trouble dans le travail digestif ; c'est le défaut d*intervallessuffisants entre deux repas. Par contre^ on voit quelques personnes, mais le cas est ; assez rare, qui, lorsqu'elles retardent leur repas, perdent rappétit et digèrent très-péniblement le peu d'aliments qu'elles prennent à une heure trop tardive. Chez elles, c'est l'éloignement des repas qui devient Tpccasion de ces troubles digestifs, qui ne sont pas portés jusqu'à produire une indigestion proprement dite. Il en est autrement du rapprochement trop grand des deux repas principaux ; cha- ^ cun sait, par expérience, qu'un déjeuner trop copieux et qui se prolonge plus tard que d'habitude, devient, pour celui qui dine ensuite à son lieure ordinaire et surtout en inême quantité que d'ordinaire, une cause presque inévitable d'indigestion, ou tout au moins de digestion très-laborieuse. Nous verrons^ plus tard , en traitant de la dyspepsie proprement dite, la part qui revient dans la production de cette maladie, à l'habitude d'un déjeuner trop copieux et qui , n'estséparédu dinerqueparun intervalle insuffisant, :Surtout chez les individus sédentaires et voués aux travaux de cabinet. 11 en est de même lorsque, peu de temps après le dîner, une personne se laisse
aller à manger de nouveau , à prendre des pâtisseries, choses auxquelles les dames et les enfants ne sayent guère résister : une indigestion en est souvent la conséquence, surtout quand ces aliments ont été pris en abondance.
§ 5i. — Indlg'e^tioD prodalte par de» eanses pierfturlNitrlce« qal argisseat après Pin^estion des aliment».
Au cinquième rang des causes qui peuvent produire l'indigestion, nous plaçons celles dont Taction s'exerce après le repas. J'ai vu souvent une forte %^ cousse morale interrompre le travail digestif et amener le vomissement des matières alimentaires, ingérées d'ailleurs dans de bonnes conditions. La contention intense de l'esprit peut produire uii efiTet analogue, lorsque l'estomac est naturellement faible ou accidentellement affaibli; mais souvent ces causés ne fontqu'entrâveret ralentir la digestion stomacale, sans donner lieu à une indigestion proprement dite. J'en dirai autant d'une grande fatigue physique, d'une marche forcée, immédiatement après l'ingestion des ahments. Chez certains sujets faibles, les rapprochements sexuels, à ce moment, ont eu les mêmes conséquences. Une boisson acide, la limonade, l'orangeade, l'eau glacée, une glace , un verre d'orgeat, ont quelquefois, surtout chez des sujets débiles, des résultats semblables.
Ces causes agissent principalement sur la diges-
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tion stomacale, d'autres portent leurs effets sur les intestins. Parmi les personnes que les devoirs de leur profession obligent à se lever la nuit, au milieu de leur sommeil, les médecins, les accoucheurs, par exemple, il en est un certain nombre, qui, dans ces circonstances, sont presque constamment prises de diarrhée, quelles que soient leursprécautions pour se prémunir contre Timpression du froid extérieur. Les aliments déjà sans doute élaborés par Testomac, et parvenus dans l'intestin sont précipités du point qu'ils occupent vers la fin de cet organe et expulsés rapidement dans un état très^imparfait d'élaboration. On ne doit voir dans cet accident, qui, chez certaines personnes, se reproduit à peu près constamment sous l'influence de la même cause, qu'un trouble passager dans l'action intestinale, et non une entérite aiguë, pas plus qu'on ne doit voir une gastrite aiguë, dans les indigestions' avec vomissements dont il a été précédemment question. Car, une phlegmasie, quelque légère qu'elle soit, a une certaine' durée, des périodes, un commencement, un état, un déclin : et rien de cela n'existe ici. Dans ce même ordre de causes il faut placer les bains . Chacun se rappelle les scandaleuses habitudes de l'aristocratie romaine qui, dans les jours de festins, se débarrassait, par l'immersion dans un bain tiède, dès aliments dont l'estomac était sur- Chargé, non dans le but excusable de faire cesser la
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souffrance causée par la plénitude stomacale, mais dans l'intention toute sensuelle et on pourrait dire bnUale^ de se donner une seconde fois la triste satisfaction de manger. Ce grossier raffinement n'est guère connudes modernes gastronomes. Mais il arrive quelquefois que des personnes imprudentes prennent un bain trop peu de temps après le repas et qu'une indigestion en est la conséquence. Ces accidents sont très -rares. Presque tous savent que l'immersion dans un bain trouble la digestion, et s'en abstien nent. On peut même dire qu'on tombe généralement dans l'excès opposé, en exagérant l'intervalle de temps qu'on doit mettre entre le dernier repas et le bain. Or, les personnes faibles, les malades surtout, ont quelquefois besoin, pour supporter convenablement le bain, de prendre, soit au moment d'y entrer, soit quand elles y sont, un peu d'aliment léger, quelques cuillerées., par exemple, de bouillon, ou de potage pu de vin. Le bain ne détermine le vomissement qu'autant que l'estomac contient une certaine masse d'aliments qui exige de sa part un travail de quelque importance. Quelquefois un simple bain de pieds, pris très-chaud, a produit^ dans ces conditions, un efiFet analogue.
Ce n'est pas seulement le bain chaud qui trouble l'action de l'estomac et amène une véritable indigestion. Le bain froid, surtout quand il est prolongé, produit un effet semblable, avec un danger