PARTIE II. — »T9P£rSIlSS HABITUELLES
J'en ai moi*méme observé un exemple remarquable chez une dame, qui occupait un rang très^ distingué dans la société, et qui bien que délicate de constitution, et petite de stature, avait une énergie digestive remarquable. Souffrant habituellement de dyspepsie, j'avais cru devoir dtmi* nuer quelque chose sur son alimentation : j'avais réduit ses repas à trois, au lieu de quatre, et déter* miné approximativement les quantités et la qualité des mets qu'elle prendrait au déjeuner et au diner : ce régime eût encore été assez large pour suffire à beaucoup d'hommes, dans Tétat de santé parfaite, dans la période moyenne de la vie. Bien que secondé par une vie physiquement active, des promaïades journalières, faites en compagnie agréable, il fut insuffisant pour triompher des phénomènes dysr pepliques. La malade découragée se remit aux soins du docteur Benechj qui lui ordonna de manger de la viande quatre ou cinq fois le jour, le plus possible chaque fois et des plus substantielles. Je la revis quelques mois après; elle avait véritablement gagné beaucoup sous le rapport des forces et de rembpnpoint. Je l'en félicitai sincèrement, mais son mari me confessa qu'il avait journellement, pendant cette cure, modifié le régime de Benech, et qu'après quelque temps, il avait dû même y renoncer tout à fait.
ItO DIS DTdPEPmsS.
§ s. — De 1» «iuilité dep i^Uveitto «9«s le rmmimrÈ
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" Si la dyspepsie par^t se rattacher à la qualité des* aHf&entis, plutôt qu'à leiir quantité, il impofrte dé rechercher pami ceux dont le ixiàlaâe a rhabitudé, ceux qui, soit en éux-nièTné^, so^it ][>ar leur tïïode de préparation, peuvent contHbuei' le plus au trouble dés digestions. Le médecin n'est ^Ss toujours entièrement maître du chbix'V le'p'duVr'ë ne peut pas fie nourrir de consommés et dd Tolaille; mais dans tôtitéô les classe'â, le liiit, lés cfeufe;* les potages ou Soupes, sont Une grîinde' ressource et ne sont pas d'iin prix que les petites bourses rie poissent attein-» are, Surtout dans rintéiét d'Un malade, qui le plus souvent niange à peine le^ quart dé ce qu'il prendrait en santé. Quelques éSpfècés de poissons, comme le lïïèrlan', le cai¥elet, le goujon, ont Tavantage d'être è'ia fois d'un j[)rk très-bas et d'huilé digestion trèsfacile. Les purées de légumes, Ueh dépouillées de leurs é(!orcé8, offr'etit égalenï^nt tïes déui avatatages. €è qu'il'faut riddommatider, d'est qUe les aliments Soient simplement préparés; que' left viandes soient il^sez mortifiées pour être tétidtes^pas "assfez pour être avancées." - ' • •' ■ • »
Eu fait de prescriptions alimentaires, le mieux est d'indiquer les choses permises, sans entrer dauè rénumération de celles qui sont défendueis. Cette
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deraièiièiéimiiiél'dtion serâft tonjours incomplète, et< les malades ne manqueraient pas de trouver, dans tes omissions )' des motifs d'ajouter à leur menu qiietq|ues mels< que le médecin ne permettrait pas.i B:y^ lieu toutefois de foire une défense parlicu^ Kère pouT les fritures, les^ ragoûts, la charcuterie; ies^ rognons, les homardis^ Jes champignons^ tfis truffés,, les pâtisseries grasses, le pain impart &ût(^fnent et • f ràtct^ément butt , qui , sauf quelques exceptions rares, sont essentieitemént indi^ gestes. .» '. '
Jja dyspepsie, 'par cêlà même qu'elle oblige léife malades à diminuer la <|uantité des aliments et à ^91 restreindre le choix, rend gourmands ceux-là mêmes qui ne l'étaient pas auparavant : la privation ajoute au prix de toutes choses, à celui deS aliments en particulière Ces malades sont donc 0ians cesse sollicités à manger plus qu'il ne faudrait et à varier leurs aliments. C'est Chose doublement fâcheuse pour eux : ils mangent trop d'une part, ut ^*autre part, dé la diversité des aliments qu'ilfe prennent ctoque jour et à Chaque repas, résulte l'impossibilité pour eux-mêmes et pour le médecin ti'appréciër ceux qui sont bien digérés, ceux qui le •sont mal. Ce doit donc être une règle constante pdur te médecin de réduire ces malades à un cer-^ tain nombre d'aliments, ettaôniepour plusieurs jours consécutiîs à un seut, dé Tabandonner s'il ne
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réussit pas, de le continuer, puis de lui en adjoiadre un autre, s'il passe bien.
Il importe toutefois de ne rien exagérer S(Ous ee point de Yue, comme sous bien d'autres. Tous les médecins ont rencontré des malades qui ne digéraient bien que les aliments fortement assaisonnés par le sel, par le poivre, la muscapde, Tail, le piment, la moutarde, les vins alcooliques. Beaucoup d'habitants du Midi ne digèrent pas bien les mets peu sapides des pays tempérés, et sont obligés, poursoiH tenir leur appétit et leurs digestions, d'y ajouter les aromates dont ils ont l'habitude. Un certain degré de stimulation semble être nécessaire pour soutenir çt exciter à un degré suffisant l'action des oi^anes digestifs, affaiblie chez eux par la chaleur du climat, et plus encore peut-être par Tabus des aliments excitants. Les habitants des pays froids et surtout des pays humides, comme nous le verrons plus loin^ semblent avoir un besoin réel de boissons alcooliques, pour résister aux conditions atoiosphériques dans lesquelles ils vivent; comme aussi beaucoup d'habitants des climats tempérés ne peuvent s'accommoder de la cuisine du Midi..
L'aliment le plus universel, celui dont tous les hommes de toutes les conditions et de tous les âges usent également, le pain, devient chez certains dyspeptiques une des substances les plus difficiles à digérer, bien qu'ils en conservent le goût et qji'ils