‹ Des dyspepsiesChapitre 66 sur 122 · PARTIE IL — DYSPEPSIES HABITUELLES · texte numérisé non relu

PARTIE IL — DYSPEPSIES HABITUELLES

pepsie. Lorsqu'il n'y a que simple paresse des organes digestifs, les aliments et surtout les boissons très-froides, glacées même, en particulier dans les saisons chaudes, sont communément d'une utilité marquée; les estomacs très-impressionnables préfèrent les températures modérées. Mais indépendamment de ces données générales, qui souffrent d'assez nombreuses exceptions, le médecin doit s éclairer dans ces circonstances, comme dans tout ce qui tient au régime, sur les observations propres du malade, qui, pour peu qu'il soit doue de sens, doit savoir si les aliments froids lui passent mieux que les aliments chauds, et réciproquement, et peut seul renseigner à ce sujet le médecin qui le dirige. Il en est de même des boissons froides ou chaudes; les premières entravent chez quelquesuns la digestion ou provoquent des selles molles, tandis que chez d'autres elles ont une action tonique et deviennent par l'habitude un vrai besoin. Les secondes ont chez plusieurs l'inconvénient d'amener des nausées et de ralentir le travail digestif; chez d'autres, au contraire, ces boissons chaudes, agréablement aromatisées ou légèrement alcoolisées, exercent une action favorable.

On pourrait croire, par raisonnement, que les boissons chaudes conviendraient surtout aux malades qui ont une sensation de froid dans l'épigastre, les boissons froides à ceux qui y accusent de la cha-

leur. It peut en être quelquefois ainsi, mais ce n'est pas chose constante. J'ai été consulté, en 1853, par un homme de cinquante-six ans, dont la dyspepsie reconnaissait évidemment pour cause principale, Tabus du purgatif Leroy. Il accusait comme symptôme prédominant une sensation de brûlure dans l'estomac. De lui-même il avait été conduit, à plusieurs reprises, à essayer de calmer cette chaleur par l'usage de boissons froides de température et de qualité, et chaque fois la sensation d* ardeur en avait été beaucoup exaspérée. Je l'engageai à user, comme boisson d'une infusion, bien chaude de camomille et d'y ajouter même, en forme d'essai, un peu de sirop d'éther. Je lui conseillai en outre l'emploi des topiques chauds à l'épigastre, l'application de serviettes fortement chauffées, et celle du fer à repasser le linge, promené pendant dix minutes sur la même région. Le malade s'en trouvait bien» lorsqu'il revint me voir après trois semaines.Ge fait, quelque singulier qu'il paraisse au premier abord, me parait se rapprocher de ce qu'on voit, tous les jours, chez ces sujets qui ont constamment froid, que l'épaisseur des vêtements n'empêche pas de trembler, et chez lesquels on ramène la chaleur à son degré normal, quelquefois même très-rapidement, au moyen d'affusions froides, convenablement administrées. On guérit chez eux le froid par le froid. N'y a-t-il pas des cas dans lesquels on peut

Page 1