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PARTIE II. DTSPBPSIES HABITUELLES

§ lO. — De l'exereiee bous le rapport thèrapeatiqve*

Le défaut d'un exercice régulier est Fune des causes les plus fréquentes de la dyspepsie. Son influence sur le dérangement des organes digestifs est d'autant plus grande que le sujet a des muscles plus forts et plus aptes à supporter le mouvement : la vie sédentaire est généralement, par ce motif, plus nuisible aux hommes qu'elle ne Test aux femmes, qui d'ailleurs trouvent dans la surveillance et les soins du ménage, une cause de mouvement que n'ont pas les hommes. Un exercice modéré est un auxiliaire in-^ dispensable pour les bonnes digestions; on pourrait dire proverbialement qu'on digère avec ses jambes autant qu'avec son estomac. C'est donc un des points les plus importants à considérer, dans le trai temen t de 1 a dyspepsie ,

Les hommes adonnés avec ardeur à l'étude ou à la culture des lettres et des sciences, ont souvent un grand éloignemeht pour l'exercice; ils répugnent singulièrement à enlever à leurs travaux de prédilection un temps qu'il faudrait perdre dans une laça* motion imposée, qui ne leur inspire que de l'ennui. Comme il est impossible de changer leurs goûts, il faut s'attacher à les convaincre que l'intérêt même de leurs études exige qu'ils acceptent ce sacrifice. It importe donc bien de leur faire comprendre que Kespril n'a toutes ses facultés qu'à la condition que

le corps conservera les siennes, et que l'absence de mouvement étant une cause inévitable de maladie, ils doivent, dans l'intérêt même de leurs travaux de prédilection, se soumettre aux règles de Thygiène. Cet argument, qu'ils rejettent tant que leur santé n'est que passagèrement et légèrement troublée, reprend toute sa force quand les phénomènes dys* peptiques augmentent, et spécialement lorsqu'ils retentissent, comme cela est ordinaire, surtout chez eux, vers le cerveau.

Pour se convaincre de la part que prend à l'accomplissement des fonctions digestives, l'exercice soutenu, mais modéré du corps, il suffit de comparer sous ce rapport les ouvriers des villes et ceux des campagnes. Ces derniers, adonnés aux travaux des champs, ne sont que par exception rare, atteints de dyspepsie, bien que leurs aliments soient trèsgrossiers, très-indigestes, composés principalement de pain mal levé et mal cuit, de gros légumes, d'un peu de porc salé, aux bons jours, de piquette, de mauvaise bière ou de cidres souvent aigris. Les ouvriers des villes, dont Talimentation est incomparablement meilleure, sont atteints en bien autre proportion de dyspepsie, ceux surtout dont le travail exige la position assise, les tailleurs, les cordonniers, les bijoutiers et horlogers, les serruriers, les mécaniciens, les ouvriers des grandes usines, les dessinateurs, et parmi les femmes, celles qui sont, en

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