‹ Des dyspepsiesChapitre 76 sur 122 · PARTIE II — ^DTSPEPSIES HABITUELLES · texte numérisé non relu

PARTIE II — ^DTSPEPSIES HABITUELLES

nous l'avons yu, n'atteint que rarement les hommes très-occupés, ou, si elle les frappe, cela tient en général à^es causes secondaires, au défaut de régularité ou à la précipitation dans les repas, à l'absence d'exercice dans les heures qui les suivent, à des conditions qui peuvent. être modifiées, non pas toujours sans efiTort, mais dont, en définitive, l'homme occupé peut triompher, surtout quand il est occupé activement, et que, par la nature de son état, le corps comme l'esprit, peut avoir sa pari dans le travail, auquel il se livre*. Eût-il même une occupation toute sédentaire, en donnant, comme nous l'avons dit, une ou plusieurs heures chaque jour, à quel-, que exercice physique, il parviendra encore à rétablir l'équilibre dans sa santé.

Mais pour l'homme sans profession aucune, pour l'homme surtout, qui, après avoir volontairement quitté celle qu'il a exercée jusqu'au milieu de sa vie^. ne sait plus comment remplir ses journées et tuer le tempsy la médecine est trop souvent impuissante. La littérature et les sciences sont en général de peu de ressource pour ceux qui ne les ont jamais cultivées. 11 en est généralement de même de la vie de campagne : tel individu s'en fait d'avance une grande joie, qui n'en jouira pas longtemps. Le goût des champs comme celui des lettres a besoin d'avoir ses racines dans les premiers souvenirs de la vie. Aussi, ai- je vu des hommes de sens renoncer à cette

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vie champêtre, trop en opposition avec leurs habitudes, rentrer courageusement dans les occupations qu'ils avaient quittées et rétablir leur santé par Féloignement immédiat de la cause qui l'avait altérée.

Le célèbre chirurgien anglais Astley Cooper, n'eut pas le même bonheur : fatigué de la pratique de son art, et possesseur d'ailleurs d'une immense fortune, il avait pris le parti de se rendre dans une terre magnifique, où se trouvaient réunis tous les plaisirs de la campagne, toutes les jouissances d*une fortune aristocratique. Cinq à six mois après il revenait à Londres, aussi changé que s'il a^ait subi une maladie grave et longue. Aux questions que lui adressaient ses nombreux amis, qui l'avaient cru le plus heureux des hommes dans ce nouveau genre de vie qu'il avait longtemps désiré, il répondait tristement : « Voulez-vous savoir ce que je faisais dans mon parc? Je regardais successivement tous mes arbres, pour choisir celui auquel je me pendrais : je reviens à Londres pour y reprendre les occupations de toute ma vie, et y recouvrer, «je puis, la santé. » Mais il était trop tard, et le plus habile des chirurgiens anglais ne tarda pas à succomber à un mal devenu plus fort que tous les secours de la médecine.

Les hommes de mer, dont la santé s'altère quand ils sont débarqués, ne rétablissent quelquefois leurs digestions qu'en remontant sur leurs vaisseaux.

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