PARTIE 11. — DTSPBPSIB8 HABITUELLES. SSl
deui personnes placées à droite et à gauche, remplissant leurs casseroles dans les baquets, lançaient avec force l'eau dont elles étaient pleines sur le malade, dans la direction de la tête vers les piedsy d'une manière alternative, de sorte que rafTusion fût presque continue pendant le temps qu'elle durait. Ce temps était de 15 à 30 secondes pour les premières fois, èhez les sujets très-faibl«s, d'une à deux minutes dans les affusions suivantes et chez les sujets moins 'débilités. L'affusion achevée, le malade était porté nu sur un lit de camp, essuyé rapidement, mais complètement, avec du linge non chauffé, puis enveloppé dans un vaste peignoir de flanelle, où il était frictionné jusqu'à ce que la chaleur fût partout et convenablement rétablie.
Cela terminé, le malade prenait un aliment beaMcoup plus substantiel que celui auquel il était depuis longtemps réduit. C'était, selon l'ancienneté du mal, tantôt un potage ou une rôtie de pain dans un bon bouillon, tantôt une aile de poulet ou même un morceau de bœuf ou de mouton rôtis, en lui laissant le choix d'en avaler une partie, s'il était tendre^ ou de se.borner à en bien exprimer tout le jus, dans le cas contraire; ces affusions étaient répétées deux fois le jour, vers dix heures du matin, et vers cinq heures du soir, et chacune d'elles était suivie d'un repas analogue.
J'ai employé souvent ces affusions depuis une
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trentaine d'années de la manière que je viens d'ex* poser. Si j'en excepte qudques cas rares dans lesquels les malades^ dirigés par Récamier lui-même, prenaient trois fois le jour et souvent à coûtre<-eœur de la viande, en quantité qui me paraissait trop considérable, je ne me rappelle pas avoir vu sur* venir d'aggravation^; loin de là, tous ont éprouvé une amélioration immédiate, passant d^une abstinence presque absolue à l'usage d'aliments isubstantiels et abondants, d'un état qui semblait désespéré au sentiment d'un bien-être soudain et d'une /guérison prochaine.
Le succès des affnsions dépend, en grande partie, de leur bonne administration. Le médecin doitfaire en sorte d'assister lui-même aux premières et de régler, avec une confiance modérée, ^ralirhentatton de^ malades, évitant à la fois de leur en faire prendre une quantité excessive, comme aussi de se tenir trop près de l'abstinence des jours précédents.
' Vknmeftsion se fait comme TafFusion. Semement, au lieu de recevoir sur son corps l'eau qui y est lancée, le malade est plongé, suspendu sur le hamac, dans l'eau dofrt ia* baignoire est à moitié remplie, et dont là température est presque ^ale à celle destinée. aux >affu8ions, 18 à SO*" Réaumur. La durée de chacune de ees immersions ou de* ces^ plongeons, qu'on répète six à diï' fois; àelôn la éà-
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nière dont ils $ont supportés, ne dépassé pas quel* ques secondes. Le malade, retiré, est mis sur le lit de camp, où il est essuyé et frictionné comme à la suite des affusions. Celles-d sont généralement mieux supportées. L'eau qui glisse sur la surface du corps produit moins de refroidissement;, la perçus* sion du liquide prépare mieux la réaction et assure davantage lésinons effets deTeau froide. Toutefois il est quelques sujets . très^impressionnables, parmi les femmes en particulier, qui redoutât cette projection de Teau, et préfèrent être immer* gélB dans le bain. Chez ceux*là, oii peut employer Timmérsion pour commencer', sans renoncer à la remplacer 9 quand faire se pourra, par les affusions.
, Quel que soit 1^ mode préféré, on doit générales ment continuer ce moyen deux fois le jour d'abord, puis une fois, pendant au. moins quelques semaines, pour mettre le malade à l'abri du retour des accidents.
B. Des affusions et des immersions froides dans les dyspep^es graves,
de forme intestinale.
Ken que les meilleurs effets de l'eau froide aient été constatés dans la forme stomacale de la dyspepsie aTec vomissement ^ elle a été employée aussi avec des résultats satisfaisants, mais non pas aussi constants, dans quelques dyspepsies intestat
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nale»f dans celles même qui se montrent avec de la diarrhée. J'ai vu, à ma grande surprise, je dois le confesser, Récamier la prescrire avec sa résolution ordinaire, dans un cas de ce genre, mais avec une intensité plus grande encore, car il s'agissait de selles, non pas simplement diarrhéïques , mais sanguinolentes et très-copieuses, chez un jeune homme de yingt-cinq ans, très-robuste, réduit en quelques semaines au dernier degré d'épuisement, par une sorte de dysenterie qui, après avoir résisté à toute la série des moyens usités en pareil cas, fut immédiatement interrompue par les affusions froides et le passage brusque à une alimentation solide. Ce cas n'appartient pas aux simples dyspepsies , mais il montre l'innocuité et l'utilité des affusions dans un cas pathologique qui portait sur les mêmes organes et offrait encore bien plus de gravité.
Les malades attaqués de dyspepsie intense, et surtout de dyspepsie intestinale diarrhéïque, sont coni'* munément très-sensibles au froid : ils le redoutent par conséquent beaucoup, et la plupart ont un grand éloigncment pour ces affusions et ces immersions. Aussi, lorsqu'elles sont clairement indiquées, l'autorité du médecin doit -elle intervenir énergiquement pour les rassurer et exiger d'eux qu'ils soumettent leurs appréhensions personnelles à Texpérience dç celui à qui. ils confient le soin de les