PARTIE II. — DYSPEPSIES HABITUEUES. 2S
poule), sont autant de boissons alimentaires auxquelles on doit recourir, jusqu'à ce que la diminution des selles permette d'en essayer de plus subslantielles. Chez les sujets qui, dans Tétat de santé, digèrent bien le lait et sont même constipés par son usage, on devrait en faire l'essai, en commençant de préférence par celui dé chèvre. L'association du calomel au sucre et à l'opium a paru à quelques praticiens amener des modifications utiles et a été préconisée par eux ; mais, si les doses de calomel uni à l'opium sont très-petites, l'effet en est à peu près nul ; si elles sont élevées, ce n'est pas sans inconvénient qu'on s'expose à ajouter, par un purgatif, à la fréquence déjà trop grande des évacuations aLvines. J'ai peu de confiance dans ces recettes complexes, dans lesquelles on associe des remèdes dont les effets sont opposés, dont l'un est constipant,'et l'autre purgatif.
C. De qaelqaes remèdes récemment recommandés dans le traHement
Je l'ai dit souvent dans le cours de ce livre, et je ne crains pas de le répéter, les médicaments proprement dits, ne guérissent la dyspepsie que rarement et seulement avec le concours de l'hygiène. Ce jugement porté sur les anciens remèdes digestifs, auxquels nous ne refusons pas toute action favorable, doit-il s'étendre à ceux qui ont été préconisés dans ces
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derniers temps? C'est ce que nous allons examiner» Nous commencerons par Yexlrail alcoolique de noix vomique et la strychnine y qui en est la partie active.
Cette dernière substance ne doit être employée qu'avec une grande réserve, parce qu'elle appar^tient aux poisons les plus actifs et qu'à la dose de quelques centigrammes, surtout sous la forme dç; strychnine, elle pourrait occasionner rapidement la mort.
J ai un grand éloignement, je l'avoue, pour de semblables remèdes, qui portent . avec eux de si grands et si incontestables périls, et dont les bons effets sont, à mon avis, très-incertains. Ces périls peuvent être prévenus, , il est vrai, si le médecin est constamment attentif à tout ce qu'il prescrit, s'il relit soigneusement son ordonnance ; si celle-ci. est écrite de telle sorte qu'aucune incertitude, ne soit possible sur les mots et sur les chiffres; si le^ pharmacien et ses élèves sont à «l'abri de toute distraction et de toute erreur; si le remède est donné au malade exactement aux intervalles et aux doses indiquées; si, comme il est arrivé plusieurs fois 9 on n'administra pas en un seul jour les doses accumulées des jours, précédents ; si, après, l'épuisement d'une première masse dé strychnine, celle qui suit n'est pas plus pure et plus forte. Mais comment être sûr que ces conditions seront