‹ Des dyspepsiesChapitre 89 sur 122 · PARTIE II. DYSPEPSIES HABITUELLES · texte numérisé non relu

PARTIE II. DYSPEPSIES HABITUELLES

rétention de la bile dans ses conduits, diminue, et une partie des souffrances abdominales s'évanouit , en même temps que les fèces reprennent une couleur presque normale parleur mélange avec la bile d'emprunt portée dans les voies digestives. Mais il faut le reconnaître, ce n'est plus ici une simple dyspepsie> mais une dyspepsie compliquée, quelquefois même symptomatiquey d'une affection du foie.

§ 3. — Dyspepsie d'intensité moyenne^ mais d« ' ' dnrée long^ae. y

Cette forme de là dyspepsie se rencontre fréquemment. Les symptômes ne sont pas assez intenses pour suspendre les occupations ordinaires de; la vie; mais ils la rendent constamment pénible, et, par intervalles, presque insupportable, par leurs exacerbations fréquentes. C'est,. d'ailleurs, en particulier dans cette forme de dyspepsie qu'on voit.se développer des symptômes d'hypocondrie; et, soit qu'ils dépendent uniquement des troubles digestifs, soit qu'ils se rattachent -à des causes qui portent plus directement sur le système nerveux, telles qa'une disposition héréditaire, un tempérament nerveux, une tendance mélancolique de l'esprit, le désœuvrement physique et moral, causes plus puissantes encore d'hypocondrie que de dyspepsie, toujours est-il que le découragement vient s'ajouter aux

autres phénomènes de la maladie et en rend la guérison plus difQcile. Comment, en effet, obtenir des malades la persévérance nécessaire dans le traite* ment d*un mal, dont Fcffct le plus ordinaire est de déprimer Tespérance et d'inspirer un éloignement absolu pour cette vie physiquement et nïoralement active qui est la condition première de la guérison?

De là, la nécessité de frapper leur imagination, et, dans ce but, en même temps qu'on insiste sur l'ensemble des moyens hygiéniques qui constituent le véritable traitement» de. montrer à leurs yeux, comme moyen certain de guérison, quelque remède dont la nouveauté^ la singularité ou simplement le nom, doive les frapper, fût-il dénué de toute propriété énergique, qu'il appartienne à l'hygiène ou à la matière médicale. Il n'est même pas inutile que son emploi présente quelque difficulté,, telle que l'espace à franchir ou le temps à attendre pour se le procurer, etc.

Ainsi vers la fin de l'hiver, le lait qui sera le produit des herbes nouvelles, et dont il est facile d'exalter les qualités; les stics dlierbes chicoracées ou autres, à l'époque où elles auront acquis toutes leurs vertus; les fruits rot/ge^ du printemps ou. les raisins (T automne ^ pris en quantité déterminée, cueillis par les malades eux-mêmes, couverts de la rosée du matin, deviennent, aux yeux de quelquesuns, un remède puissant. Le temps qui doit s'é-

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couler entre le moment où ces moyens leur sont conseillés et celui où ils pourront en faire usage augmente de beaucoup le prix qu'ils y attachent et n'est pas temps perdu, surtout lorsque, parmi leurs connaissances, ces malades en trouvent quelquesunes qui en ont éprouvé elles-mêmes de bons effets, ou qui ont entendu parler de guérisons obtenues de cettefaçon, ctdont elles exaltent les merveilles. Du reste, ces sortes de cures, celle des raisins en particulier, si célèbre et si usitée au delà du Rhin; la cure des fruits rouges et du lait yernal, des sucs d*herbes printanières, ne sont pas sans effet sur les organes digestifs , surtout quand elles sont secondées, appuyées par l'observance simultanée de ces grandbs règles hygiéniques que nous avons signalées. Mais il faut reconnaître aussi que, dans la forme hypocondriaque de la dyspepsie, elles constituent surtout un moyen puissant d'agir sur le moral abattu de (k^rtains sujets, de relever leur espérance, et de rendre au système nerveux, à l'appareil digestif, à l'organisme tout entier, une énergie qu'ils avaient perdue depuis longtemps. Ce même ordre de moyens n'est pas, non plus, sans utilité dans la simpte dyspepsie, soit à raison do l'influence morale qu'il exerce, soit par l'action physique des eaux sur l'estomac.

A. Des eaux minérales dans le traitement des dyspepsies rebelles.

Dans la cure des dyspepsies rebelles, il est un autre ordre de moyens qui nous inspire un^ certaine confiance: nous voulons parler dès eaws minérales, sans les présenter comme un remède certain contre une maladie qui n'en reconnaît pas. Elles ont ici une double action : celle d'abord que plusieurs d'entre elles déterminent à un degré quel** conque et incontesté sur les voies digcstives; celle epsuite qu'elles exercent sur tout l'organisme, par leur composition et leur abondance, par les sécrér tions diverses qu'elles provoquent et par un chan-' gement complet de toutes les habitudes de la .vie, et c'est sur ce dernier point que j'insisterai particulièrement. Tout se trouve renouvelé autour du dyspeptique trimsporléà dessourcesmiiiérales : il respire m lur ditîérent, il est soustrait à la sollicitude e}i:agéréa de sa famille et de. ses amis.; les personnes qu'il rencontre ne sont pas disposées à entendre chaque jeur de s^ bouche les mêmes dolqances ; force est donc pour, lui de parler d'autre chose, de penser à au^ chose qu'à ses maux. De là, un cercle d'idée» aufre et meilleur. Les substances .alimentaires ont partout leurs différences, et surtout dans des lieui^ trèiSTéloîgnés les uns des autres. La chair des animaux^ le gibier, le poisson, les fruits, les légumes, le vin, l'eau commune elle-même. Celle qu'on prend au re-

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